En voyage à 3 pour la première fois

Avant de devenir mère, j’avais ma petite façon de voyager, perfectionnée au fil de mes pérégrinations à travers le monde : Costa Rica, Chili, Argentine, Mexique, Namibie, Botswana, Afrique du Sud, Jordanie, Israël, Turquie, Philippines, Maroc, Inde et j’en passe.  Je m’étais promenée pas mal, et pas en me prenant pour Kate Middleton, laisse-moi te le dire. Des hébergements crades, j’en ai fréquenté quelques-uns, il y a eu beaucoup de vomi dans des toilettes turques sans papier, beaucoup de tites pilules anti-malaria qui rendent l’humeur exécrable, beaucoup de douches froides à la tasse en se fermant la bouche hermétiquement et un nombre incalculable de lézards criards sur mes murs de chambre. J’ai déjà écrasé un scorpion avec mon pneu de char devant ma tente. Oui, oui, je campais dans la savane africaine. Ça fait que je me considère comme un vraie voyageuse. Alors quand on s’imaginait, l’Homme et moi, avec un bébé, on s’imaginait aussi à trois ailleurs que dans Villeray. Durant la grossesse, on parlait du Vietnam, du Cambodge, de Madagascar…

Finalement, on est allés en Martinique et en Guadeloupe.

Méchante drop.

Sur une échelle de 1 à « je rêve d’aller là », la Martinique et la Guadeloupe auraient autrefois scoré un 3. Un 4, si tu m’avais posé la question au mois de février.

Surtout qu’on partait presque tout un mois. C’est pas le genre de destination où tu pars 30 jours, quand t’es le genre backpack/petit budget/en quête d’aventure. Disons que la grosse majorité des touristes de ces superbes îles sont des Français retraités. Ça te brosse le portrait. 1- Ils sont Français. 2- Ils sont vieux. Conclusion : ils parlent non-stop, sans respirer, sans ponctuer, sans se soucier de voir si tu t’es endormi il y a une demi-heure. Plus verbomoteurs que Louis-José Houde accouplé avec Christiane Charette (prière de ne pas imaginer l’acte menant à ce croisement). On est loin du calage de shooters avec des dudes amateurs de surf sur une plage reculée de Bohol. Ajoute à ça le fait que tout se passe en Euros et ton petit budget de sympathique Canadienne en congé de maternité en prend pour son rhume.

Arrivée ici dans le texte, tu te dis : « Mais pourquoi diable ont-ils choisi d’aller là, alors ? ». La vérité, c’est qu’on a réfléchi longtemps. On avait des amis qui partaient avec un bébé plus jeune vers la Nouvelle-Zélande. Or, notre bébé à nous est pas mal moins tranquille que le leur (euphémisme). Six heures de vol vers Vancouver + quatorze heures vers Auckland ? 17 heures de décalage horaire ? Non merci. Je n’avais pas mis autant d’efforts sur le sommeil de ma fille pour me retrouver à faire des coucous de 2:00 à 5:00 AM à un bébé jetlag. Nous nous sommes donc mis à avoir quelques critères qui ne nous auraient jamais effleuré l’esprit avant : durée du vol, nombre d’heures de décalage horaire, qualité des infrastructures de santé sur place, présence de malaria, eau potable, etc… Comprends-moi bien, je vais finir par y aller, au Vietnam, avec Mademoiselle C. J’étais juste pas sûre que c’était le premier voyage que je voulais faire avec elle. Disons qu’on a vu ce voyage-là comme un voyage-test.

L’autre point, c’est qu’on partait en février. Pas la bonne saison pour plusieurs des destinations qui nous tentaient et qui répondaient à nos critères, comme le Portugal ou la Croatie, par exemple.

On est donc partis en Martinique et en Guadeloupe. C’est magnifique. C’est chaud. Et ça fait du bien pas à peu près quand il fait – 30 degrés pendant des semaines et que tu n’oses plus sortir de la maison avec ton enfant (on se rappelle que février a été nommé « mois le plus froid du siècle » cette année). On n’en demandait pas plus de cette première expérience. On s’est regardés dans le blanc des yeux et on s’est dit qu’on transporterait notre quotidien au soleil. That’s it, that’s all.

Oui, on a mesuré à maintes et maintes reprises le gap qui nous séparait de nos voyages d’avant, non, on n’a pas mangé au resto souvent et non, on n’est pas revenus aussi reposés qu’on l’aurait été à deux. Mais ça a été une expérience formidable. Notre fille, libérée de l’encombrant habit de neige qui fait d’elle une étoile toute pognée, a progressé vitesse Grand V. Elle a bouffé du sable, des coquillages et du linge pas propre, trouvé dans le zipper mal fermé d’une valise pendant un moment d’inattention parentale. Elle a dû s’habituer au chapeau et au moustiquaire sur son lit. Elle s’est fait enduire de litres d’écran solaire, s’est baignée dans la mer et a percé sa première dent. Surtout, elle a passé du temps de qualité avec ses deux parents qui, enfin, n’avaient que ça à faire, être là pour elle.

Pendant 23 jours, elle s’est fait affectueusement appeler « doudoune » (prononcer avec l’accent créole) par toutes les grosses madames martiniquaises et elle a mangé du poisson frais pêché, acheté sur les quais. Pas mal, quand même, quand on n’a que 9 mois.

Alors n’hésite pas : pars. Oui il y aura des écueils, des nuits difficiles et des situations que tu n’aurais pas eu à gérer à la maison, mais ça vaut le coup. Et en espérant que ça te soit utile, je te partage quelques-uns de nos constats sur le voyage avec un bébé.

1- Tu ne voyageras pas léger, mais évite le superflu

Sérieusement, l’Homme et moi avions toujours la même affaire sur le dos et pourtant, nous n’étions jamais partis avec autant de stock. Un bébé, ça vient avec son matos. Prévoir plus qu’une heure la veille du départ pour faire les valises. Mon conseil : apporte moins de vêtements et une petite bouteille de détergent à lessive. Et avant de tout emporter avec toi, informe-toi sur les équipements disponibles dans tes hébergements (s’ils sont réservés d’avance). Je m’apprêtais à acheter un lit bébé de voyage quand j’ai découvert que les cinq hébergements réservés l’offraient sans frais. Les chaises hautes n’étaient pas rares non plus.

2- Fais-toi à l’idée : tu vas passer beaucoup de temps dans ton hébergement

Si d’habitude celui-ci ne te servait qu’à dormir quelques heures dans un état de légère ébriété, là, tu vas faire connaissance avec en long et en large. Je te recommande, plutôt qu’une chambre, un petit appartement avec cuisinette où tu peux continuer à vivre lorsque bébé est couché, où tu peux te faire à souper et bouffer tranquille sur la terrasse. Parce que sur 23 jours, demande-moi combien de soupers j’ai pris au resto. Zéro. Il aurait fallu prendre la voiture, endormir la petite dans sa poussette, la remettre dans la voiture… On a préféré passer souvent par le port de pêche et se cuisiner poisson et langoustes à la maison. Côté budget, c’est pas une mauvaise chose. Ah oui, la clim, avec bébé, c’est pas négociable. Notre premier hébergement portait la mention « agréable ventilation naturelle ». Criss…

3- Installe-toi plus longtemps à chaque endroit… mais pas trop

Ça, ça veut dire « reste plus qu’un ou deux jours à la même place, mais pas huit, mettons ». Avant, nous bougions pratiquement chaque jour en voyage. Une nuit, maximum deux, au même endroit et puis hop ! Puisque nous avions établi qu’avec Mademoiselle C., il serait préférable de nous installer plus longuement à chaque endroit, nous avions plutôt prévu 5 hébergements sur 23 jours. Sauf que l’hébergement 1 et l’hébergement 4 comptaient respectivement 8 et 7 nuits. Trop long. En tout cas, pour nous qui étions habitués à plus de changements de décor. Surtout considérant qu’avec un bébé, tu le vois déjà beaucoup, ton décor. Pour nous, la première nuit à chaque hébergement était difficile. Mademoiselle C. devait s’adapter au nouveau décor, aux nouvelles odeurs… Elle se réveillait beaucoup, la première nuit. Dès la deuxième, ça allait mieux. D’où la nécessité de ne pas changer d’appart aux deux jours. Mais j’avoue qu’après huit jours, la vue avait beau être à couper le souffle, l’appart avait beau être coquet, j’avais comme fait le tour de mon extase pour les bananiers et les hibiscus environnants.

4- Tu ne feras peut-être pas autant l’amour que tu pensais

Vacances = sexe tous les jours, non ? Naaaonh. Quand tu as réservé un appart sans clim, que le moindre bout de peau devient un buffet Mandarin pour moustiques possiblement porteurs de Dengue et de Chikungunya, que tu t’es pratiquement baignée dans le répulsif à indice de DEET élevé, que tu as du sable plein la craque de fesses et que ton enfant dort d’un sommeil supra-léger dans la même chambre que toi, ça se peut que tu kamasutres moins que prévu. Pars avec des attentes raisonnables. Tu risques moins d’être déçue.

5- Fais quelques achats judicieux avant le départ

Avec un bébé, tu ne peux pas te permettre d’arriver dans un autre pays et de commencer, au sortir de l’avion, à chercher un magasin, une épicerie ou autre. Ta marge de manoeuvre est plus limitée. L’Homme et moi avions emporté des céréales, des biscuits, des soufflés et tout un tas de ce genre de petites pochettes de purée :

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Ben pratique. Ça nous a dépannés souvent.

Sinon, nous avions emporté avec nous :

– Un coussin d’allaitement gonflable

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– Une baignoire gonflable

La plupart des hébergements, à moins de voyager dans un certain luxe, n’offrent qu’une douche. Le petit bain gonflable a servi TOUS les jours. Même que Mademoiselle C. aimait jouer dans le bain vide, parfois, durant la journée. Et on va se le dire : prendre son bain dans le jardin, au milieu des palmiers, c’est quand même pas pire.

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– Une tente Peapod Plus de KidCo

Ça, vraiment, on s’en est félicité plus d’une fois. À la plage, c’était le seul moyen de permettre à Mademoiselle C. de jouer en paix, à l’ombre, sans qu’elle ne se retrouve recouverte de sable de la tête aux pieds en passant par l’oesophage. Une fois repliée dans son sac, la tente a la taille d’un disque vinyle environ et l’épaisseur d’une balle de tennis. C’est léger, facile à transporter et, selon le tempérament de votre enfant, ça peut aussi lui servir de lit pour les siestes ou même la nuit. Dans le cas de l’énergique Mademoiselle C., la tente n’a été qu’une aire de jeux, mais j’ai vu d’autres enfants dormir dedans, à la plage. Un must, quant à moi.

PS : C’est pas moi, la p’tite dame quétaine au chapeau de paille sur la photo.

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– Un bon porte-bébé

Nous avions un BabyBjörn Miracle, mais l’avons laissé à la maison. Trop rigide, trop chaud. Des amis nous ont prêté leur Ergobaby qui s’est révélé génial. En plus d’être mieux conçu pour les hanches de bébé, il permet de porter celui-ci sur le dos, ce qui est vraiment bien en voyage. Et bien que d’endormir bébé au sein ne soit pas une super habitude à prendre, en voyage, j’ai abandonné. La seule façon de faire faire la sieste à Mademoiselle C. hors de nos hébergements était soit dans la voiture, soit dans le porte-bébé. Je l’allaitais directement dans le porte-bébé, en toute discrétion, sur la plage, parfois en marchant, même, et elle s’endormait là, collée contre moi. C’est pas mêlant, j’ai presque sorti plus souvent mes seins que les Françaises.

– Un gilet de sauvetage pour bébé

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Tu comptes explorer la mangrove en kayak ? Prendre une banca plutôt bancale ? Martin Deschamps nage mieux que toi ? La veste de sauvetage est ton amie. Et dans les simples moments de baignade où les vagues se feront un peu intenses, si tu perds pied, tu risques d’être plutôt contente d’avoir mis ton enfant là-dedans. Just sayin’.

Faut par contre que je t’avoue que ma fille a manifesté pour la veste un amour… limité.

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Finalement, en vrac :

Dans la catégorie « l’affaire qu’on aurait dû apporter avec nous »

Il y a dans chaque voyage UNE chose qui te manque. Cette chose que tu regrettes de ne pas avoir apportée et qui aurait été siiiii utile. Dans notre cas, ça a été un coussin de cou pour bébé. Les sièges auto locaux étaient très très verticaux, comparés au nôtre. Quand Mademoiselle C. s’endormait dedans, elle se ramassait avec le cou cassé, la tête sur ses genoux. Genre ça, mais en pire :

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J’ai aussi découvert ce truc par la suite. Le soleil est aussi un enjeu durant les siestes en voiture. N’ayant pas apporté de pare-soleil avec moi, j’ai utilisé l’auvent de la poussette tout au long du voyage. En me trouvant super ingénieuse, je l’avoue.

Dans la catégorie « ça, on aurait pu le laisser à la maison »

Tu sais, l’os*&?$% de chapeau de fausse paille pas pliable que tu trouvais TELLEMENT cute sur la tête de ton bébé ? C’est non. Tu devras le trimballer partout dans tes mains et dans mon cas, c’est la seule partie d’un corps qui ait porté ce satané chapeau. Mademoiselle C. n’a jamais voulu de ce truc sur sa tête.

Et finalement, dans la catégorie « apporte moins de linge pour pouvoir rapporter plus de ça »

Le Punch Banane de Damoiseau. Mmmmmm. On a vidé la moitié d’une bouteille en une soirée, au retour. Damn. Si tu vas en Guadeloupe, pense à moi.

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Prolonger les siestes de jour

J’ai posé la question autour de moi et c’est officiel : la plupart des mamans de bébés de moins de 4-5 mois sont aux prises avec les GMSTC (grosses méchantes siestes trop courtes). Tu mets ton bébé bien fatigué au lit, ça te prend entre 15 et 25 minutes l’endormir… pour qu’il dorme 30-45 minutes et se réveille aussi fatigué et grognon qu’avant la sieste. Yé.

T’as juste eu le temps d’aller prendre une douche et de manger un morceau que c’est reparti. Oublie les p’tits à-côtés charmants comme consulter ton Facebook ou te maquiller un peu les cernes, là.

En anglais, le sujet est bien documenté. Les GMSTC, ça s’appelle The 45 Minutes Intruder. Tape ça dans Google, t’auras des résultats à ne plus savoir quoi en faire.

Mademoiselle C. était la championne de ce problème-là. La soeur Dufour-Lapointe de la micro-sieste.

En gros, lorsque ça se produit, ça signifie que bébé est incapable d’enchaîner plusieurs cycles de sommeil durant le jour. Ainsi, au bout d’un premier cycle, qui dure de 35 à 50 minutes environ, son sommeil se fait plus léger et, au lieu de repartir pour un second cycle, bébé se réveille… et pleure. Ça arrive même aux bébés qui savent pourtant dormir un beau 9 heures d’affilée la nuit. I know what I’m talking about. 

Et là, sa maman, bien intentionnée, va le sortir du lit. C’est le début d’une accumulation de fatigue qui altère sévèrement le tempérament du bébé. SÉVÈREMENT. Même pas besoin d’eau et ton beau petit Gizmo tout cute se transforme en Gremlin.

J’ai fait mille et une recherches et essayé plein des trucs que j’ai trouvés :

1- Bien assombrir la chambre. J’installe un drap opaque devant la fenêtre avec du duct tape, histoire de tester la patente avant d’aller acheter un deuxième rideau. Après 5 siestes encore plus courtes si c’est possible, le drap décolle pendant que j’allaite. Je le laisse pendre pendant deux jours. Il finit par tomber au complet. Je le laisse par terre. Pas le goût de ressortir l’escabeau non plus pour enlever les bouts de duct tape restants. Avec un bébé, on choisit ses combats.

Succès mitigé. Comparable à celui du film Camping sauvage.

2- Aider bébé à repartir vers le sommeil au bon moment. La technique consiste à se glisser dans la chambre de bébé 5 minutes avant l’heure de son réveil habituel pour poser une main ferme à plat sur sa poitrine et le réconforter. Dans le scénario rose bonbon, bébé est rassuré et repart vers le pays des rêves sans même ouvrir l’oeil. Dans la réalité, ça m’a pris trois siestes avant de réussir à y aller au bon moment. Mademoiselle C. semblait détecter mes intentions et se réveiller PRÉCISÉMENT au moment où je tendais la main vers sa porte. J’avais beau me la jouer ninja-style, être super silencieuse, y aller encore plus tôt la fois suivante, rien à faire. À la quatrième sieste, je réussis à me glisser dans la chambre en lévitant presque, je pose ma main sur sa poitrine fermement et… j’attends. Ok… Là, je suis censée détecter à quel moment son sommeil se fait léger et rester de même 15 minutes jusqu’à ce que je la sente replonger ? Allô le mal de dos. Euh… On passe à la technique suivante.

Succès nul. Comparable à celui du film Les Dangereux.

3- Faire comprendre à bébé ce qu’on attend de lui et lui laisser le temps de se rendormir. C’est ce qui a fonctionné pour moi. La technique est une recommandation de Brigitte Langevin. Facile, l’idée est de laisser bébé au lit pour la durée maximale de la sieste. Mademoiselle C. avait 4 mois et aurait dû faire au moins deux siestes de 1h30-2h00, une en matinée et une en après-midi. Certains bébés ajouteront à cela une catnap autour de 5-6h, d’autres non. Les premiers jours, lorsque bébé se réveille en pleurant après un cycle, on attend 5 minutes avant d’aller le réconforter. Puis 10 minutes. Puis 15 minutes. Jusqu’à ce qu’il se rendorme. Ou que les deux heures soient écoulées. On ne le sort pas du lit. Le deuxième jour, on ajoute 5 minutes avant la première intervention (on y va donc une première fois après 10 minutes, ensuite 15, ensuite 20, etc). 3e jour : première intervention à 15 minutes. Mme Langevin insiste sur un point : on n’y va que si bébé pleure vraiment et semble avoir besoin de notre aide pour se rendormir. S’il babille ou chigne légèrement, on s’abstient. Et on ne le sort du lit, à la fin de la sieste, que s’il est calme.

Personnellement, dès le jour 2, Mademoiselle C. m’a fait une belle sieste de 1h30 sans se réveiller. Ça, c’était TROIS de ses anciennes siestes ! Depuis, elle se réveille parfois encore après un cycle de sommeil, mais se rendort par elle-même en moins de 20 minutes. Je n’y vais même pas puisqu’elle chigne un peu sans réellement pleurer. Je la regarde chercher son sommeil dans le moniteur vidéo en mangeant des chips, euh, je veux dire des légumes. Elle repart ensuite pour une bonne heure. Son humeur a changé du tout au tout depuis qu’elle dort mieux. Elle se réveille souriante et est beaucoup plus calme. Moi, j’ai le temps de vous écrire un billet pendant qu’elle dort. J’ai recommencé à plancher sur mon prochain bouquin. 🙂

Succès total. Genre, Titanic.

C’est sûr qu’avec une routine bien rodée, par contre, on devient moins flexible. Il faut accepter d’être à la maison pour les heures de sieste, la plupart du temps. Au moins le temps d’ancrer la nouvelle habitude, en tout cas. Si bébé passe son temps à s’endormir dans sa coquille, dans sa poussette ou dans sa chaise vibrante, aucun moyen de prolonger lorsqu’il se réveille… À toi de voir, selon ton enfant et comment vous vivez vos journées ensemble. Moi, j’avais pu’ d’fun. Ma fille était fatiguée et désagréable. Il me fallait une solution.

Finalement, si ton anglais est ok, voici deux liens qui m’ont été utiles. Et c’est pas parce que j’ai échoué avec Technique 1 et Technique 2 que tu n’y arriveras pas. Ça parle aussi d’emmaillotage, mais pour Mademoiselle C., on a arrêté ça assez tôt. Cette jeune demoiselle, refusant la suce, voulait avoir accès à ses mains (et par « voulait », j’entends « se débattait jusqu’à réussir à les sortir »). Donc :

– Plein de techniques ici (Parenting Stack Exchange)

– Et ici (Bloggin’ About Babies)

Vous m’en donnerez des nouvelles.

La méthode E.A.S.Y. ou comment ne pas avoir un enfant pendu au sein toute la journée

Mademoiselle C. devait avoir environ 3 mois. La traversée du désert était terminée, on dormait raisonnablement, ma fille souriait, jouait et se retournait toute seule, j’avais presque retrouvé mon pace en course à pied et, du coup, ma ligne. Le gros bonheur sale.

Sauf que partout, je lisais qu’un bébé devait boire aux 3 heures et qu’il ne fallait pas le laisser s’endormir au sein… Je ne voyais pas comment arriver à appliquer l’une ou l’autre de ces directives. Mademoiselle C. demandait le sein chaque 1h15. Oui-oui, t’as bien lu.

Une heure et quart.

Et toute maman sait qu’on commence à calculer quand le bébé COMMENCE à boire. Alors entre le moment où elle lâchait le sein et le moment où elle le reprenait, il y avait moins d’une heure. Je finissais de l’allaiter, je partais courir un petit 10 km et au retour, elle était en panique et mon chum, le cheveu en bataille, était en train de réchauffer de mon lait congelé. J’allaitais partout, tout le temps. Chaque fois, elle buvait à moitié. Une fois sur deux, elle s’endormait au sein. Je suspectais ma fille d’être devenue une serial collationneuse. Je l’imaginais déjà, dans 15 ans, toutoune à souhait, fouillant dans le frigo au milieu de la nuit…

Et c’était ma faute.

Je ne fais pas de la culpabilité typique de mère ici : c’était vraiment ma faute. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas appris à distinguer son langage, ses signaux, ses différents pleurs. Lorsqu’elle pleurait, s’agitait, devenait chigneuse, je lui fourguais à tout coup un sein dans la bouche. Oh pour la calmer, ça la calmait, mais j’étais en train de créer à la fois de mauvaises habitudes pour le boire et de mauvaises habitudes de sommeil.

Qu’elle me crie « J’ai faim » ou « Je suis fatiguée », ma réponse était la même.

C’est là qu’une copine (designer de mode hautement talentueuse, allez jeter un coup d’oeil www.evegravel.com) m’a parlé de la méthode E.A.S.Y., inventée par Tracy Hogg, aussi appelée The Baby Whisperer. C’est tellement simple, mais ça a changé ma vie en quelques jours.

E pour Eat (manger)

A pour Activity (activité)

S pour Sleep (sommeil)

Y pour You ou Your time (du temps pour toi pendant que bébé dort)

Dans cet ordre. C’est ce qui est le plus important.

D’abord, en faisant boire ton bébé au réveil, tu évites qu’il ne s’endorme au sein. Ensuite, il vit sa vie de bébé. C’est le moment de le mettre sur son tapis d’éveil, de lui offrir des jouets, de chanter et de faire le pitre devant lui. Évidemment, plus l’heure avance et plus le niveau de stimulation devrait descendre, afin d’éviter d’arriver à la période de sommeil avec un bébé surstimulé. Ensuite, dodo. Dès que tu vois des signes de fatigue (bâillements, frottements des yeux, humeur maussade, agitation), TU COUCHES LE BÉBÉ RÉVEILLÉ DANS SON LIT.

Oui, Chère.

Je sais, pour certaines, c’est limite suicidaire. Quand tu as habitué ton bébé à s’endormir au chaud, en tétant dans tes bras, c’est le bout difficile. Il faut qu’il apprenne à s’endormir par ses propres moyens. De notre côté, ça n’a pas été trop difficile, puisqu’on avait instauré la méthode 2-2-2 depuis le début.

Avec cette routine, quand bébé se réveille, il a vraiment faim et aux pleurs suivants, tu sais que ce sont des signes de fatigue et non des pleurs de faim. Du jour au lendemain, Mademoiselle C. buvait aux trois heures.

Magie-magie !

Après un certain temps, tu te fais aussi l’oreille sur ses différents pleurs. Wah-wah-wah = j’ai faim, tandis que chiâlage et petits pleurs ressemblant à une toux = je suis fatigué. Tu deviens un genre de Jedi du braillage.

Pour des exemples d’horaires E.A.S.Y. selon l’âge, ce blog est vraiment super : noobmommy.com. On y trouve un exemple pour les moins de 4 mois et pour les 4 à 9 mois également. Ça donne une idée du déroulement d’une journée avec ce genre de routine.

Si tu es une maman lousse, fleur dans les cheveux et chips de kale, allergique à l’idée même de donner une routine à ton enfant, c’est pas pour toi. En fait, mon blog n’est probablement pas pour toi. Je te souhaite un bébé angélique, dormeur et flexible. De mon côté, mon bébé est vif, curieux et il a l’impression de manquer quelque chose d’extrêmement l’fun chaque fois que je le mets au lit. Instaurer une routine m’a permis de souffler un peu.

Un seul petit pépin : pour moi, le fameux S ne durait que 30-35 minutes…

Je vous raconte comment j’ai réussi à consolider les siestes de Mademoiselle C. dans un prochain article.

Suspense, quand tu nous tiens…