Petit top 10 des choses qui deviennent un défi APRÈS le congé de maternité

Tu t’es préparée mentalement à l’arrivée de cet enfant. Ce sera dur. Tu dormiras peu. Tu ne sortiras plus boire trop de vin avec les copines le jeudi et tu n’iras plus au théâtre avec ton homme. Tu te l’es répété souvent, pour être sûre d’avoir bien compris et accepté. Puis l’enfant arrive, tu vis les premières semaines, tu passes à travers les premiers mois et bien vite, ton année de congé de maternité est terminée. Il y a eu plein de défis, plein de moments difficiles, mais arrivée là, dans ta tête, tu as fait ta job. T’as réussi. T’es passée au travers. Champagne !

Sauf que.

Voici 10 choses qui deviennent un défi APRÈS le congé de maternité. Tsé quand l’emploi qui te mettait déjà dans le jus avant que tu sois mère reprend ? Quand tout ce qui remplissait tes journées en congé de maternité ne disparaît pas vraiment, mais que t’as 90% moins de temps pour le faire ? Allons-y joyeusement en commençant par le plus évident :

1- Le deuil du temps passé avec ton enfant

Tu as passé une année collée-collée sur ce petit être. Il t’a dormi dessus, vomi dessus, grimpé dessus, morvé dessus. Il t’a probablement mordu un mamelon deux ou trois fois et/ou t’as rendue sourde d’une oreille à force de hurlements pendant les coliques et/ou les poussées dentaires. Tu l’as promené dans toute la ville, tu as fait du cardio-poussette, du body design maman-bébé et de l’aquaforme avec, tu lui as chanté 1200 berceuses (dont tu as dû googler les paroles); tu t’es luxé une épaule à le brasser pour l’endormir et tu as imité pour lui tous les animaux de la basse-cour (et de la savane africaine). Chaque jour. 4 fois par jour. Pendant des mois.

Et là, tout à coup, tu le vois vite-vite le matin entre un brossage de dents, la concoction de ton lunch et une application d’ombre à paupières. Puis une petite heure le soir, avant qu’il ne tombe de sommeil. Tu ne vois plus ses premières fois. Il revient avec des bobos pour lesquels tu n’as pas pu le consoler. Il dit de nouveaux mots à son éducatrice avant de te les dire à toi. Il a une vie séparée de toi, un bon 8 heures par jour. C’est douloureux. Parfois, en cachette, au boulot, tu regardes des photos et des vidéos de ton enfant sur ton iPhone. Après, tes collègues sans enfants s’étonnent quand tu n’as pas envie de cinqàsepter. Le 5 à 7, c’est tout ce qu’il te reste (ma fille roupille à 7h00 tapant) ! Je me souviens d’avoir moi-même un peu jugé les mères, avant d’en être une : « Ben voyons, à quel point elle est pressée de rentrer chez-elle, celle-là ? C’est pas super professionnel… Quand bien même elle verrait son enfant une demi-heure plus tard ! »

Je m’excuse, les filles. Vraiment. Mais consolez-vous : aujourd’hui, y’a des p’tites jeunes hipsters au bureau qui me jugent à mon tour. Quoiqu’elles ne doivent pas savoir mon nom : je n’y vais plus, dans les 5 à 7…

2- La bouffe

Durant mon congé de maternité, Mademoiselle C. mangeait siiiii varié. Douze fruits et légumes différents par semaine, trois-quatre sources de protéines différentes, allant du foie de veau au cheval en passant par le tofu, les crevettes et les lentilles, une quantité bien calculée d’aliments contenant du fer… J’essayais de nouveaux mélanges, je lui faisais découvrir un nouveau goût, une nouvelle texture presque chaque jour si ce n’est à chaque repas. « Ah mais tiens, prenons une ou deux heures pour concocter quelque chose d’inédit. J’ai un si beau livre de recettes pour bébé, après tout ! » Habillée en mou semi-fashion, je cuisais, je réduisais en purée, je congelais avec passion. Depuis que j’ai recommencé le boulot, disons que le brocoli cuit vapeur revient souvent. Les cubes de blanc de poulet et l’avocat aussi. Je mise sur des affaires safe, tsé, des trucs que je sais qu’elle aime. Mmmm (encore) du bon spaghetti… Si je me sens coupable ? Je devrais… mais j’ai pas le temps.

3- L’humeur

Ma fille est un rayon de soleil de 7h00 à 17h00 environ. Moi, j’arrive autour de 17h30. En plein l’heure où on commence à être fatiguée. Où on supporte moyen la moindre contrariété. Où on fait la danse du bacon parce que maman ne nous laisse pas reprendre cette couche pleine de m**** dans la poubelle. Où on hurle parce que cette méchante maman ne comprend pas ce qu’on pointe du doigt en criant « Za pétipéti ci-yal ? » Vers 16h00, je reçois parfois sur mon cellulaire une vidéo de ma fille, tout sourire, au parc avec son papa. Je la regarde, attendrie. J’ai hâte de la retrouver. Je la retrouve et… « ZA PÉTIPÉTI CI-YAL !!!?! » Finalement, elle n’aimait pas son souper et voulait des céréales, come on, c’était clair, non ?

 4- Le ménage

En raison du point #1 précédemment explicité, tu comprendras que durant l’heure par jour qu’il me reste à passer avec ma progéniture, je ne focalise pas trop sur la propreté de mon espace de vie. Lire : priorité #28 sur la liste. Puis arrive le week-end. Enfin, du temps de qualité en famille ! Pas de presse. Pas d’horaire. Penses-tu que c’est là que je me garroche sur vadrouille, torchons et pouches-pouches ? Que nenni. Je vais au parc. Je vais visiter les grands-parents. Je soupe avec mon Homme et une bonne bouteille de rouge. Alors voilà, moi qui ai toujours été contre, je me cherche actuellement une femme de ménage. J’ai vécu quelques mois dans le déni, mais ça commence à être dur d’ignorer les coulisses, les cernes et les buissons de films western (joyeux alliage de cheveux et de poussière) qui roulent dans les courants d’air. HELP ! J’ose plus inviter personne à souper.

5- Le sexe

On était super fiers, l’Homme et moi. On a recommencé bien vite à faire l’amour après la naissance de Mademoiselle C. Durant toute l’année que j’ai passée à la maison, on trouvait le temps. Par-ci. Par-là. Durant la sieste de bébé en après-midi, lorsque mon amoureux finissait tôt, par exemple. Or, les siestes, avec le temps, ça tend à diminuer en nombre et surtout, ça tend à se faire à la garderie, pendant que tu es au boulot. Te réveiller AVANT bébé pour un peu de morning sex ? ES-TU MALADE ?!?! Du sommeil, tu en manques encore plus que tu manques de sexe, faque, hein. Et le soir, lorsqu’enfin tu souffles, après la course du matin, la frénésie du boulot et l’enfilade souper/temps de qualité/bain du soir, l’énergie qu’il te reste pour sauter avec cochonceté sur ton homme (et vice-versa) est, disons, limitée. C’est LÀ que le réel défi commence. Mon conseil ? N’attends pas à 23h00 quand vous allez vous écrouler de fatigue, empilés l’un sur l’autre en vous grommelant un « T’es beau/belle. J’te jure que j’te désire encore. Mais je suis siiiii fatigzzzzz. » Tsé, un homme qui s’endort presque sur toi pendant l’amour, c’est pas super érotique. Non, non (tousse-tousse), c’est pas une histoire vécue… Hum.

6- Les maladies

Eh oui, dans sa première année de garderie, un bébé, c’est souvent en piteux état. Ça attrape TOUT. Faire de la fière, c’est comme le hobby préféré des poupons. Et toi, tu peux tout de suite te faire greffer un thermomètre et une bouteille de Tempra comme prolongement de bras. Dans ta vie, l’expression « Saturday night fever » va prendre un nouveau sens, crois-moi. Et non, tu ne peux pas emmener ton enfant à la garderie s’il fait de la fièvre. « Mais je vais rester à la maison avec lui et travailler à distance ! C’est si tendance, le télé-travail ! »

Hahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !

Ben oui, toi. Un bébé malade, c’est connu, c’est super tranquille pis ça te laisse bosser sur ton ordi. Getty déborde de preuves, regarde :

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7- Les dents

Je ne m’y étais jamais attardé avant, mais… y’a beaucoup de dents, hein, dans une bouche ? Après 12 mois, quand tu retournes au boulot, il en reste beaucoup à sortir. Je ne sais pas si tu étais bonne en maths au secondaire, mais pour te rappeler le bon vieux temps, voici un petit problème à résoudre :

« Maman Geneviève a une petite fille nommée Mademoiselle C. Au bout de sa première année, Mademoiselle C. a percé 8 dents sur 20. Maman Geneviève retourne alors au boulot. Considérant que chaque dent qui sort cause environ 3 nuits de sommeil de marde à toute la famille, calcule combien de fois Maman Geneviève arrivera particulièrement poquée au boulot d’ici à ce que Mademoiselle C. ait toutes ses dents. »

Non, je ne veux pas connaître la réponse.

8- Les lectures

Durant la première année de vie de ma fille, je lisais tout. Sur le sommeil du nouveau-né, sur son alimentation, sur l’allaitement, sur les étapes de son développement, sur les jeux adaptés à son âge, sur le porte-bébé le plus ergonomique sur le marché. Blogues, bouquins, forums, Mieux-vivre, name it. Maintenant, moins. L’autre soir, je me suis retrouvée dans un souper ou un ami m’a dit qu’à l’âge de ma fille (16 mois), ça faisait LONGTEMPS qu’il avait coupé le biberon à son enfant. Qu’il ne lui donnait même plus de lait au moment du dodo, peu importe le contenant. J’ai comme eu un petit moment de panique intérieure en réalisant que je n’avais plus le temps de lire quoi que ce soit. Je n’ai aucune idée d’à quel âge je devrais couper le biberon à ma fille. Pis tu sais quoi ? Je m’en fous un peu. Une petite dose de lâcher-prise, des fois, ça fait pas de tort à personne.

9- L’allaitement

L’allaitement, tout le monde trouve ça MERVEILLEUX la première année. Mais après le retour au travail, si tu continues, tu récoltes quelques regards de biais. Lorsque Mademoiselle C. est entrée à la garderie, je trouvais que ça lui faisait beaucoup de nouveauté, beaucoup de changements auxquels s’adapter. J’ai jugé que lui couper complètement l’allaitement au même moment, ça ajoutait à la brutalité de l’affaire. Je me suis dit que j’allais poursuivre quelques semaines. Mais voilà, en cours de route, je n’ai pas vu de bonne raison d’arrêter. Je ne fais pas partie de ces illuminées qui font les manchettes, un enfant de six ans pendu au sein, mais j’aimerais me rendre à 18 mois, histoire de continuer à lui partager mes anticorps, en attendant qu’elle ait reçu tous ses vaccins. Ma fille a présentement 16 mois. Je l’allaite encore, soir et matin. C’est un beau moment et ça l’apaise.

T’sais, y’a que du positif là-dedans : 1- Je sens le lait, alors tous les bébés des autres m’adorent. 2- J’ai le sein plus guilleret au quotidien (j’anticipe un peu l’après). 3- Y’a plus de vin pour toi au bureau, le jeudi, parce que je ne m’alcoolise le sang que plus tard, chez moi, quand ma fille est couchée. Penses-y. Pis arrête de me juger, OK ?

10- Le sport

J’ai toujours été sportive. Jamais eu besoin de me forcer : je suis une coureuse. Ça fait partie de qui je suis. Même pendant la grossesse, je joggais au moins trois fois par semaine. Sauf que maintenant, je ne peux plus partir du bureau, espadrilles aux pieds et faire un petit 10K en direction de la maison pour rentrer souper avec mon homme tout en évitant le métro. Je vais manquer ma fille. Le matin, même chose (et de toute façon, je n’ai jamais été une sportive du matin. Je suis pâteuse, le matin). Ça fait que les plages horaires potentielles pour faire du sport se font plus rares qu’avant. Le week-end, ça va, on se relaie, l’Homme et moi. On y va chacun notre tour. Mais en semaine, lorsque ma fille se couche, à 19h00, c’est le moment pour nous de souper. Impossible d’aller courir immédiatement après un repas. J’y vais donc le midi, avant de luncher devant mon ordinateur. C’est la solution que j’ai trouvée. Sauf que ces temps-ci, au boulot, c’est plus rock’n’roll. Le midi n’est plus une plage horaire qui m’appartient. Résultat : j’ai participé au demi-marathon de Montréal, dimanche dernier, et ça faisait deux mois que mon entraînement préparatoire était un peu n’importe quoi… En 2013, j’avais couru le demi enceinte et ça avait été plus facile que cette année…

Alors oui, les poussettes jogging, oui, prendre du temps pour soi, mais quand le moment propice (t’as mangé, bébé est couché, t’as pris tes courriels urgents et abattu le boulot qui n’avait pu rentrer dans ton 9 à 5) arrive à 22h00, ben t’es crevée et t’as plus de plaisir à enfiler tes espadrilles. Ici aussi, un peu de lâcher-prise pourrait t’être utile. Ça ou deux petites lumières qui flashent pour aller courir dans le noir sans te faire frapper. C’est beau, le parc Laurier, un mardi soir, à 22h30… Oui, le petit point vert et le petit point rouge qui flashent, c’est moi. Je cours moins vite qu’avant, hein ? Ne me le fais surtout pas remarquer, ça se pourrait que je pleure. J’suis fatiguée (je cours au lieu de dormir). Pis SPM (oui, mes règles sont revenues y’a longtemps, même si j’allaite encore, cawlisse).

Tout ça pour dire que les mots « conciliation travail-famille » sont plus lourds de questions et de sens que je pensais. Ils contiennent des paragraphes en petits caractères, ces trois mots-là. T’sais, on est allées à l’école, nous, on a eu nos enfants tard parce que c’était pas le temps pour ça : c’était le temps de se bâtir une carrière à la hauteur de nos ambitions. On nous a dit que ça se pouvait, de tout avoir ; qu’il fallait juste faire les choses lentement, dans le bon ordre.

J’ai tout. Et je suis heureuse. Mais siiiii fatiguée.

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Sexvember

Kamasutra_Dice

On le sait toutes, on se l’est fait dire mille fois plutôt qu’une : tu ne fais pas un bébé pour solidifier un couple ayant déjà des problèmes. Reste qu’il y a toujours une ou deux naïves dans ton entourage pour te faire rigoler :

« Ouais, mais faire un enfant, c’est quand même un beau projet de couple, ça PEUT nous rapprocher. »

Non.

« Un an en congé de maternité, j’aurai plus de temps à accorder à mon couple ! »

Euh, non.

« Nous, on fait généralement l’amour le soir, avant d’aller au lit. À cette heure-là, le bébé va être couché. Ça changera rien. »

Pouah-ha-ha.

L’Homme et moi, avant Mademoiselle C., étions un couple enviable. Le genre de couple qui fait un peu chier les autres, qui leur met de la pression. Je le dis en toute modestie, parce que j’ai vécu des couples moins harmonieux avant celui-ci : nous étions solides. Pratiquement jamais de disputes, une communication ouverte, aucune jalousie ni d’un côté ni de l’autre, des tâches ménagères réparties équitablement (bon, un peu plus pour lui que pour moi, j’avoue), une admiration mutuelle, l’envie d’être ensemble et, surtout, le sentiment, de part et d’autre, de ne pas être pris(e) pour acquis et de pouvoir faire confiance à l’autre. C’est pas rien.

Une fois, au Marché Jean-Talon, un humoriste nous a interviewés pour une émission. Il essayait de faire sortir les sujets chauds : Qui est le plus jaloux des deux ? Qui fait tout dans la maison ? Qui prend l’initiative du sexe ? L’humoriste a dû nous trouver super plates, parce qu’on disait, d’une seule voix : Aucun des deux. Les deux. Les deux. Il ne trouvait pas de prise pour ses jokes. La productrice et la fille qui faisait signer les décharges, derrière la caméra, elles, poussaient des « Onh… » attendris, en penchant la tête de côté.

On était ce couple-là.

Et notre lit aussi se portait bien. Je ne dis pas que c’était le kamasutra 7 jours sur 7, mais on s’aimait au moins 3 ou 4 fois semaine de façon TRÈS satisfaisante. Surtout, on avait encore envie l’un de l’autre. On se trouvait beaux.

Même durant ma grossesse, on n’a pas perdu le cap. Plus ça avançait et plus certaines positions devenaient ridicules ou grotesques… On en trouvait d’autres. Disons que l’amour oral, quand tu ne vois plus ton chum sous la bedaine, c’est… comment dire ? Bref. Tu as l’image.

On se disait qu’on était pas trop mal barrés : autour de nous, il y avait des couples sans enfants qui se pognaient constamment, qui se piquaient des crises, qui se lançaient des reproches, qui évitaient la maison autant qu’ils le pouvaient… Des couples qui ne baisaient plus, ou pas assez, aussi. Qui, pourtant, faisaient, ou envisagaient de faire, des enfants.

Je ne te raconte pas ça pour te flasher mon couple parfait, mais pour te dire que malgré ce portrait idéal, malgré que je n’aie pas déchiré une miette à l’accouchement et qu’on ait recommencé à faire l’amour le jour où Mademoiselle C. a eu 1 mois, on s’est vite rendu compte qu’il faut faire attention pour ne pas se perdre, comme couple, durant la première année de vie d’un enfant. Je te dis ça parce que si ça nous rentre dedans, nous qui allions si bien, j’ose pas imaginer ce que ça peut faire à un couple chambranlant.

Mettons que je comprends mieux la statistique qui dit qu’un couple sur deux se sépare dans la première année de vie d’un enfant.

Je te rassure, ça va toujours super bien entre nous, on ne se chicane pas plus qu’avant, mais la majeure partie de notre temps ensemble n’est plus du temps de couple, mais du temps en famille. On fait encore l’amour pas mal chaque semaine, mais notre moyenne au bâton (pouah-ha-ha, au bâton) n’a tout de même pas retrouvé son seuil pré-bébé. La vérité, c’est que lorsque la bête finit par aller au lit, on est souvent crevés de chez Crevés. On se regarde, le cheveu ébouriffé, exhalant le lait suri, un peu de purée de carotte sur l’épaule…

« T’avais-tu des « intentions », toi, ce soir ? »

« Oui, mais je les ai perdues entre le troisième régurgit, le caca dans le bain et la purée lancée dans mon oeil… Toi ? »

On rit, on se colle et on s’endort.

On s’aime encore. On se désire encore. On se trouve encore beaux. Mais.

Mais la première année de vie d’un bébé, c’est demandant. Ça gruge tout ton me time et une bonne partie de ton temps en amoureux. Ça épuise. Physiquement ET mentalement.

Ça fait parfois apparaître le sexe comme une corvée.

C’est alors que, entourés de gens faisant des « 30 jours sans sucre », « 30 jours sans sacrer », « 30 jours sans acheter de vêtements » ou « 30 jours sans gluten », on s’est dit que « 30 jours de sexe », ça pourrait nous aider à redonner du pep à notre libido, à faire en sorte que notre lit ne soit pas uniquement ce lieu divin où l’on ronfle jusqu’au prochain pleur. Pis on avait un divan neuf de chez EQ3 à baptiser…

Après Movember, voici donc Sexvember !

30 jours de sexe entre parents qui ne veulent pas juste être des parents.

30 jours d’amour-même-quand-on-est-fatigués.

30 jours à prioriser le cul sur la vaisselle à laver ou les légumes à réduire en purée.

Et puis on va se le dire, novembre est LE mois parfait pour ça. C’est gris, c’est triste, on change l’heure et il fait noir à 4h15, on sort nos mitaines et nos bottes d’eau, le taux de suicides grimpe en flèche et les dépressions se multiplient. Novembre, ça donne un peu le goût de brailler.

Faque.

GO !

On est juste le 7, mais j’avais envie de t’en parler tout de suite. Au cas où l’expérience te tenterait… Parce qu’après 7 baises en 7 jours, je vois déjà BEAUCOUP de positif dans tout ça. Même en dehors des heures de sexe, on s’est remis à se toucher, à s’embrasser, à se regarder comme des amoureux. Et puis après le souper, quand tu sais qu’il y a à coup sûr du sexe au programme, tu prends le temps de te détendre un peu avec ton homme. Dans ta tête, tu lui réserves du temps dans ta soirée, quitte à repousser d’autres choses. Tu essaies de ne pas toujours attendre le moment d’aller au lit, de planifier la séance du jour à un moment où il te reste encore UN PEU d’énergie.

Une petite vite avant le souper ?

Une invitation à partager une douche ?

Une proposition de fellation pendant que tu regardes le foot, mon amour ?

Bref, tu retrouves une certaine polyvalence perdue. Tu travailles ton imagination pour ne pas proposer la même chose 30 soirs en ligne.

Et déjà, au bout de 7 jours, je trouve que ça nous rapproche. Qu’on se retrouve, comme couple. Qu’on aurait dû penser à ça avant.

Là-dessus, je te laisse, j’ai un homme à aller aimer.