Bébé 2 où quand Alain Choquette ne s’en mêle pas assez.

Guess who’s back ? 14500257_10154370540396917_3041877303825452837_oEh oui, tranquillement, ce blogue devrait revenir à la vie puisque *roulement de tamtam un beau dimanche sur le Mont Royal*… JE SUIS ENCEINTE ! Bébé 2 est en route ! Bon, à 17 semaines, ce n’est plus de la nouvelle fraîche pour quiconque me côtoie de près et je dirais même que, considérant la vitesse à laquelle Ventre 2 a sorti de son zipper, s’il reste quelqu’un qui n’ait pas encore remarqué sur les 200 employés de mon bureau, c’est un super candidat pour la promo Greiche & Scaff (tsé le pourcentage de rabais sur des lunettes  selon ton âge, annoncé par un Winston McQuade qui doit, lui, avoir un pourcentage de rabais enviable ?).

Pfff, facile, que j’me disais. J’suis déjà passée par là. Ma première grossesse ! Quel moment de plénitude magique, quel miracle de la vie, hein ?

Ouais, j’en avais oublié des bouts.

Comme le tout petit bout appelé « LES TROIS PREMIERS MOIS », cette période bénie où tu es atteinte de narcolepsie permanente, où « faire la sieste un samedi » signifie que tu t’étends après le lunch pour te réveiller, poquée, étourdie et encore fatiguée, autour de 17h00. Cette glorieuse épopée où tu débordes TELLEMENT de joie que t’as le coeur au bord des lèvres en permanence, où t’es essoufflée à monter un escalier de six marches même si t’es une coureuse de feu, où tu vois des étoiles dès que tu bouges un peu vite. Ce bout-là, là.

J’avais pas complètement oublié, mais j’avais oublié à quel point.

Une loque. La meilleure façon que j’aie trouvé pour décrire le feeling aux gens autour de moi c’est : t’as l’impression de vivre un gros lendemain de veille – pareil : maux de tête, nausées, fatigue, lourdeur – tous les jours. Pendant une centaine de jours. Juste ça.

Et pendant ce temps, tu dois faire semblant que tu pètes le feu parce que tu ne l’as pas encore annoncé à qui que ce soit, que tu es enceinte. Si tu es une bonne petite fille, tu l’as dit aux copines, à la famille (et, idéalement, au père de l’enfant), mais avant de le gueuler dans un porte-voix au bureau, tu attends le sacro-saint palier des douze semaines, là où les risques de fausse couche seront pratiquement écartés. En attendant, tu fais des présentations clients, tu abats du boulot, tu te concentres et tu essaies d’oublier cette envie folle de te rouler en boule sous ton bureau, la face étampée dans le tapis sale, pour piquer un somme.

* Commentaire éditorial : c’est drôle comme dans les films, on montre toujours les femmes enceintes en train d’avoir mal au coeur et de courir dégueuler aux toilettes, alors que dans la vraie vie, c’est clairement la fatigue le signe #1. Y’a pas assez de femmes réalisatrices, de toute évidence.

Sauf que.

Sauf que lors de ma première grossesse, à douze semaines, pouf, magie, l’énergie était revenue, j’avais été assaillie par d’agressives hormones du bonheur et j’avais plané jusqu’au moment de mettre bas. Alors, laisse-moi te dire que je l’attendais de pied ferme, le douze semaines. Eh ben non. Pas pareil à Bébé 2. Ostie.

Je suis bel et bien sortie de mon état comateux, mais je reste, indubitablement, fatiguée. Est-ce parce que j’ai maintenant une petite tornade de deux ans et demi à la maison pour venir me réveiller aux aurores le samedi matin en criant « C’est le jour ! Y’a une tite craque de soleil, maman ! Je peux écouter Patpatrouille ? Moi j’adooooore Patpatrouille ! Je peux avoir une tite toast au beuwwrre d’ayachide ? » ? Y’a sans doute un peu de ça. Mais pourtant, j’ai l’Amoureux parfait. Tsé, le modèle qui laisse dormir sa blonde enceinte ? Qui lui fait un café décaféiné dans une seconde machine à espresso lorsqu’elle se lève enfin ? Qui lui dit qu’elle est belle, même si elle est prise avec un léger acné hormonal de grossesse et qu’elle se sent comme un béluga échoué près du Bota Bota (c’est-à-dire loin de sa zone de confort) ?

Alors je l’avoue, même si c’est mal et que je devrais nager dans le bonheur, j’ai comme un peu de misère à trouver ça magique, cette grossesse-là. C’est de la magie de calibre Alain  Choquette, mettons. Tsé, un peu périmée. Et je m’en sens coupable. On est chanceux, après tout, l’Homme et moi : il me regarde et je tombe enceinte. J’ai enlevé mon stérilet et trois semaines après, j’étais enceinte. Pareil les deux fois. Pendant ce temps, un nombre incalculable de nos amis ont mis des mois, même des années , à réussir à concevoir, sont allés en fertilité, ont fait fausse couche par dessus fausse couche. Je sais qu’on est chanceux. On n’est pas aussi fertile dans la trentaine que dans la vingtaine, mon doc me l’a dit cent fois.

N’empêche – mille excuses à ces amis à qui je paraîtrai ingrate et/ou indigne -, je ne flotte pas comme je voudrais. Je me revoie, enceinte de Mademoiselle C., à mettre des écouteurs sur mon ventre avec du classique tous les soirs, à lire chaque semaine à quel stade était rendu le bébé dans son développement, à toucher mon ventre tout le temps. Là, le soir, je m’affale dans mon lit comme un gros cachalot au bord de l’évanouissement, je lis deux-trois niaiseries sur Facebook et j’éteins. Moi pis la lumière.

Vous imaginez  bien que ma vie sexuelle atteint des sommets de cochonceté ces temps-ci, hein ?

Ma-gi-que.

Laisse-moi te dire que je suis loin de me booker une séance chez Magenta, habillée de jeans et de voilures blanches, à aller faire des photos avec des mains en coeur autour de mon nombril ou des p’tits souliers cutes sur ma bedaine…

Les mamans de deux, c’est-tu normal, de moins triper au deuxième ? De juste avoir envie de skipper ces quarante semaines-là et de passer tout de suite au bout où tu ramènes le poupon au bercail ? Même mon Amoureux parfait ne s’adresse pas à mon nombril, comme au premier. On est déjà blasés. Ça va bien.

Je me raccroche au fait que, lorsque je saurai le sexe, que lorsque je commencerai à le sentir bouger, ça deviendra plus concret, plus réel. La petite personne dans mon ventre prendra lentement la forme d’un bébé dans mon esprit, et non juste d’un lendemain de veille et d’une bedaine de bière. Tsé.

Bon, je vous laisse sur cette joyeuse note. Y’est passé 22h00, et je suis claquée. Pis aujourd’hui, une collègue m’a subtilement fait remarquer que j’avais l’air pas mal plus fatiguée qu’au premier. Le cache-cernes ne fait plus la job, ça a l’air. Vous avez une bonne marque à me suggérer ? Idéalement un qui se vend au gallon.

Petit top 10 des choses qui deviennent un défi APRÈS le congé de maternité

Tu t’es préparée mentalement à l’arrivée de cet enfant. Ce sera dur. Tu dormiras peu. Tu ne sortiras plus boire trop de vin avec les copines le jeudi et tu n’iras plus au théâtre avec ton homme. Tu te l’es répété souvent, pour être sûre d’avoir bien compris et accepté. Puis l’enfant arrive, tu vis les premières semaines, tu passes à travers les premiers mois et bien vite, ton année de congé de maternité est terminée. Il y a eu plein de défis, plein de moments difficiles, mais arrivée là, dans ta tête, tu as fait ta job. T’as réussi. T’es passée au travers. Champagne !

Sauf que.

Voici 10 choses qui deviennent un défi APRÈS le congé de maternité. Tsé quand l’emploi qui te mettait déjà dans le jus avant que tu sois mère reprend ? Quand tout ce qui remplissait tes journées en congé de maternité ne disparaît pas vraiment, mais que t’as 90% moins de temps pour le faire ? Allons-y joyeusement en commençant par le plus évident :

1- Le deuil du temps passé avec ton enfant

Tu as passé une année collée-collée sur ce petit être. Il t’a dormi dessus, vomi dessus, grimpé dessus, morvé dessus. Il t’a probablement mordu un mamelon deux ou trois fois et/ou t’as rendue sourde d’une oreille à force de hurlements pendant les coliques et/ou les poussées dentaires. Tu l’as promené dans toute la ville, tu as fait du cardio-poussette, du body design maman-bébé et de l’aquaforme avec, tu lui as chanté 1200 berceuses (dont tu as dû googler les paroles); tu t’es luxé une épaule à le brasser pour l’endormir et tu as imité pour lui tous les animaux de la basse-cour (et de la savane africaine). Chaque jour. 4 fois par jour. Pendant des mois.

Et là, tout à coup, tu le vois vite-vite le matin entre un brossage de dents, la concoction de ton lunch et une application d’ombre à paupières. Puis une petite heure le soir, avant qu’il ne tombe de sommeil. Tu ne vois plus ses premières fois. Il revient avec des bobos pour lesquels tu n’as pas pu le consoler. Il dit de nouveaux mots à son éducatrice avant de te les dire à toi. Il a une vie séparée de toi, un bon 8 heures par jour. C’est douloureux. Parfois, en cachette, au boulot, tu regardes des photos et des vidéos de ton enfant sur ton iPhone. Après, tes collègues sans enfants s’étonnent quand tu n’as pas envie de cinqàsepter. Le 5 à 7, c’est tout ce qu’il te reste (ma fille roupille à 7h00 tapant) ! Je me souviens d’avoir moi-même un peu jugé les mères, avant d’en être une : « Ben voyons, à quel point elle est pressée de rentrer chez-elle, celle-là ? C’est pas super professionnel… Quand bien même elle verrait son enfant une demi-heure plus tard ! »

Je m’excuse, les filles. Vraiment. Mais consolez-vous : aujourd’hui, y’a des p’tites jeunes hipsters au bureau qui me jugent à mon tour. Quoiqu’elles ne doivent pas savoir mon nom : je n’y vais plus, dans les 5 à 7…

2- La bouffe

Durant mon congé de maternité, Mademoiselle C. mangeait siiiii varié. Douze fruits et légumes différents par semaine, trois-quatre sources de protéines différentes, allant du foie de veau au cheval en passant par le tofu, les crevettes et les lentilles, une quantité bien calculée d’aliments contenant du fer… J’essayais de nouveaux mélanges, je lui faisais découvrir un nouveau goût, une nouvelle texture presque chaque jour si ce n’est à chaque repas. « Ah mais tiens, prenons une ou deux heures pour concocter quelque chose d’inédit. J’ai un si beau livre de recettes pour bébé, après tout ! » Habillée en mou semi-fashion, je cuisais, je réduisais en purée, je congelais avec passion. Depuis que j’ai recommencé le boulot, disons que le brocoli cuit vapeur revient souvent. Les cubes de blanc de poulet et l’avocat aussi. Je mise sur des affaires safe, tsé, des trucs que je sais qu’elle aime. Mmmm (encore) du bon spaghetti… Si je me sens coupable ? Je devrais… mais j’ai pas le temps.

3- L’humeur

Ma fille est un rayon de soleil de 7h00 à 17h00 environ. Moi, j’arrive autour de 17h30. En plein l’heure où on commence à être fatiguée. Où on supporte moyen la moindre contrariété. Où on fait la danse du bacon parce que maman ne nous laisse pas reprendre cette couche pleine de m**** dans la poubelle. Où on hurle parce que cette méchante maman ne comprend pas ce qu’on pointe du doigt en criant « Za pétipéti ci-yal ? » Vers 16h00, je reçois parfois sur mon cellulaire une vidéo de ma fille, tout sourire, au parc avec son papa. Je la regarde, attendrie. J’ai hâte de la retrouver. Je la retrouve et… « ZA PÉTIPÉTI CI-YAL !!!?! » Finalement, elle n’aimait pas son souper et voulait des céréales, come on, c’était clair, non ?

 4- Le ménage

En raison du point #1 précédemment explicité, tu comprendras que durant l’heure par jour qu’il me reste à passer avec ma progéniture, je ne focalise pas trop sur la propreté de mon espace de vie. Lire : priorité #28 sur la liste. Puis arrive le week-end. Enfin, du temps de qualité en famille ! Pas de presse. Pas d’horaire. Penses-tu que c’est là que je me garroche sur vadrouille, torchons et pouches-pouches ? Que nenni. Je vais au parc. Je vais visiter les grands-parents. Je soupe avec mon Homme et une bonne bouteille de rouge. Alors voilà, moi qui ai toujours été contre, je me cherche actuellement une femme de ménage. J’ai vécu quelques mois dans le déni, mais ça commence à être dur d’ignorer les coulisses, les cernes et les buissons de films western (joyeux alliage de cheveux et de poussière) qui roulent dans les courants d’air. HELP ! J’ose plus inviter personne à souper.

5- Le sexe

On était super fiers, l’Homme et moi. On a recommencé bien vite à faire l’amour après la naissance de Mademoiselle C. Durant toute l’année que j’ai passée à la maison, on trouvait le temps. Par-ci. Par-là. Durant la sieste de bébé en après-midi, lorsque mon amoureux finissait tôt, par exemple. Or, les siestes, avec le temps, ça tend à diminuer en nombre et surtout, ça tend à se faire à la garderie, pendant que tu es au boulot. Te réveiller AVANT bébé pour un peu de morning sex ? ES-TU MALADE ?!?! Du sommeil, tu en manques encore plus que tu manques de sexe, faque, hein. Et le soir, lorsqu’enfin tu souffles, après la course du matin, la frénésie du boulot et l’enfilade souper/temps de qualité/bain du soir, l’énergie qu’il te reste pour sauter avec cochonceté sur ton homme (et vice-versa) est, disons, limitée. C’est LÀ que le réel défi commence. Mon conseil ? N’attends pas à 23h00 quand vous allez vous écrouler de fatigue, empilés l’un sur l’autre en vous grommelant un « T’es beau/belle. J’te jure que j’te désire encore. Mais je suis siiiii fatigzzzzz. » Tsé, un homme qui s’endort presque sur toi pendant l’amour, c’est pas super érotique. Non, non (tousse-tousse), c’est pas une histoire vécue… Hum.

6- Les maladies

Eh oui, dans sa première année de garderie, un bébé, c’est souvent en piteux état. Ça attrape TOUT. Faire de la fière, c’est comme le hobby préféré des poupons. Et toi, tu peux tout de suite te faire greffer un thermomètre et une bouteille de Tempra comme prolongement de bras. Dans ta vie, l’expression « Saturday night fever » va prendre un nouveau sens, crois-moi. Et non, tu ne peux pas emmener ton enfant à la garderie s’il fait de la fièvre. « Mais je vais rester à la maison avec lui et travailler à distance ! C’est si tendance, le télé-travail ! »

Hahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !

Ben oui, toi. Un bébé malade, c’est connu, c’est super tranquille pis ça te laisse bosser sur ton ordi. Getty déborde de preuves, regarde :

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7- Les dents

Je ne m’y étais jamais attardé avant, mais… y’a beaucoup de dents, hein, dans une bouche ? Après 12 mois, quand tu retournes au boulot, il en reste beaucoup à sortir. Je ne sais pas si tu étais bonne en maths au secondaire, mais pour te rappeler le bon vieux temps, voici un petit problème à résoudre :

« Maman Geneviève a une petite fille nommée Mademoiselle C. Au bout de sa première année, Mademoiselle C. a percé 8 dents sur 20. Maman Geneviève retourne alors au boulot. Considérant que chaque dent qui sort cause environ 3 nuits de sommeil de marde à toute la famille, calcule combien de fois Maman Geneviève arrivera particulièrement poquée au boulot d’ici à ce que Mademoiselle C. ait toutes ses dents. »

Non, je ne veux pas connaître la réponse.

8- Les lectures

Durant la première année de vie de ma fille, je lisais tout. Sur le sommeil du nouveau-né, sur son alimentation, sur l’allaitement, sur les étapes de son développement, sur les jeux adaptés à son âge, sur le porte-bébé le plus ergonomique sur le marché. Blogues, bouquins, forums, Mieux-vivre, name it. Maintenant, moins. L’autre soir, je me suis retrouvée dans un souper ou un ami m’a dit qu’à l’âge de ma fille (16 mois), ça faisait LONGTEMPS qu’il avait coupé le biberon à son enfant. Qu’il ne lui donnait même plus de lait au moment du dodo, peu importe le contenant. J’ai comme eu un petit moment de panique intérieure en réalisant que je n’avais plus le temps de lire quoi que ce soit. Je n’ai aucune idée d’à quel âge je devrais couper le biberon à ma fille. Pis tu sais quoi ? Je m’en fous un peu. Une petite dose de lâcher-prise, des fois, ça fait pas de tort à personne.

9- L’allaitement

L’allaitement, tout le monde trouve ça MERVEILLEUX la première année. Mais après le retour au travail, si tu continues, tu récoltes quelques regards de biais. Lorsque Mademoiselle C. est entrée à la garderie, je trouvais que ça lui faisait beaucoup de nouveauté, beaucoup de changements auxquels s’adapter. J’ai jugé que lui couper complètement l’allaitement au même moment, ça ajoutait à la brutalité de l’affaire. Je me suis dit que j’allais poursuivre quelques semaines. Mais voilà, en cours de route, je n’ai pas vu de bonne raison d’arrêter. Je ne fais pas partie de ces illuminées qui font les manchettes, un enfant de six ans pendu au sein, mais j’aimerais me rendre à 18 mois, histoire de continuer à lui partager mes anticorps, en attendant qu’elle ait reçu tous ses vaccins. Ma fille a présentement 16 mois. Je l’allaite encore, soir et matin. C’est un beau moment et ça l’apaise.

T’sais, y’a que du positif là-dedans : 1- Je sens le lait, alors tous les bébés des autres m’adorent. 2- J’ai le sein plus guilleret au quotidien (j’anticipe un peu l’après). 3- Y’a plus de vin pour toi au bureau, le jeudi, parce que je ne m’alcoolise le sang que plus tard, chez moi, quand ma fille est couchée. Penses-y. Pis arrête de me juger, OK ?

10- Le sport

J’ai toujours été sportive. Jamais eu besoin de me forcer : je suis une coureuse. Ça fait partie de qui je suis. Même pendant la grossesse, je joggais au moins trois fois par semaine. Sauf que maintenant, je ne peux plus partir du bureau, espadrilles aux pieds et faire un petit 10K en direction de la maison pour rentrer souper avec mon homme tout en évitant le métro. Je vais manquer ma fille. Le matin, même chose (et de toute façon, je n’ai jamais été une sportive du matin. Je suis pâteuse, le matin). Ça fait que les plages horaires potentielles pour faire du sport se font plus rares qu’avant. Le week-end, ça va, on se relaie, l’Homme et moi. On y va chacun notre tour. Mais en semaine, lorsque ma fille se couche, à 19h00, c’est le moment pour nous de souper. Impossible d’aller courir immédiatement après un repas. J’y vais donc le midi, avant de luncher devant mon ordinateur. C’est la solution que j’ai trouvée. Sauf que ces temps-ci, au boulot, c’est plus rock’n’roll. Le midi n’est plus une plage horaire qui m’appartient. Résultat : j’ai participé au demi-marathon de Montréal, dimanche dernier, et ça faisait deux mois que mon entraînement préparatoire était un peu n’importe quoi… En 2013, j’avais couru le demi enceinte et ça avait été plus facile que cette année…

Alors oui, les poussettes jogging, oui, prendre du temps pour soi, mais quand le moment propice (t’as mangé, bébé est couché, t’as pris tes courriels urgents et abattu le boulot qui n’avait pu rentrer dans ton 9 à 5) arrive à 22h00, ben t’es crevée et t’as plus de plaisir à enfiler tes espadrilles. Ici aussi, un peu de lâcher-prise pourrait t’être utile. Ça ou deux petites lumières qui flashent pour aller courir dans le noir sans te faire frapper. C’est beau, le parc Laurier, un mardi soir, à 22h30… Oui, le petit point vert et le petit point rouge qui flashent, c’est moi. Je cours moins vite qu’avant, hein ? Ne me le fais surtout pas remarquer, ça se pourrait que je pleure. J’suis fatiguée (je cours au lieu de dormir). Pis SPM (oui, mes règles sont revenues y’a longtemps, même si j’allaite encore, cawlisse).

Tout ça pour dire que les mots « conciliation travail-famille » sont plus lourds de questions et de sens que je pensais. Ils contiennent des paragraphes en petits caractères, ces trois mots-là. T’sais, on est allées à l’école, nous, on a eu nos enfants tard parce que c’était pas le temps pour ça : c’était le temps de se bâtir une carrière à la hauteur de nos ambitions. On nous a dit que ça se pouvait, de tout avoir ; qu’il fallait juste faire les choses lentement, dans le bon ordre.

J’ai tout. Et je suis heureuse. Mais siiiii fatiguée.

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