Petit top 10 des choses qui deviennent un défi APRÈS le congé de maternité

Tu t’es préparée mentalement à l’arrivée de cet enfant. Ce sera dur. Tu dormiras peu. Tu ne sortiras plus boire trop de vin avec les copines le jeudi et tu n’iras plus au théâtre avec ton homme. Tu te l’es répété souvent, pour être sûre d’avoir bien compris et accepté. Puis l’enfant arrive, tu vis les premières semaines, tu passes à travers les premiers mois et bien vite, ton année de congé de maternité est terminée. Il y a eu plein de défis, plein de moments difficiles, mais arrivée là, dans ta tête, tu as fait ta job. T’as réussi. T’es passée au travers. Champagne !

Sauf que.

Voici 10 choses qui deviennent un défi APRÈS le congé de maternité. Tsé quand l’emploi qui te mettait déjà dans le jus avant que tu sois mère reprend ? Quand tout ce qui remplissait tes journées en congé de maternité ne disparaît pas vraiment, mais que t’as 90% moins de temps pour le faire ? Allons-y joyeusement en commençant par le plus évident :

1- Le deuil du temps passé avec ton enfant

Tu as passé une année collée-collée sur ce petit être. Il t’a dormi dessus, vomi dessus, grimpé dessus, morvé dessus. Il t’a probablement mordu un mamelon deux ou trois fois et/ou t’as rendue sourde d’une oreille à force de hurlements pendant les coliques et/ou les poussées dentaires. Tu l’as promené dans toute la ville, tu as fait du cardio-poussette, du body design maman-bébé et de l’aquaforme avec, tu lui as chanté 1200 berceuses (dont tu as dû googler les paroles); tu t’es luxé une épaule à le brasser pour l’endormir et tu as imité pour lui tous les animaux de la basse-cour (et de la savane africaine). Chaque jour. 4 fois par jour. Pendant des mois.

Et là, tout à coup, tu le vois vite-vite le matin entre un brossage de dents, la concoction de ton lunch et une application d’ombre à paupières. Puis une petite heure le soir, avant qu’il ne tombe de sommeil. Tu ne vois plus ses premières fois. Il revient avec des bobos pour lesquels tu n’as pas pu le consoler. Il dit de nouveaux mots à son éducatrice avant de te les dire à toi. Il a une vie séparée de toi, un bon 8 heures par jour. C’est douloureux. Parfois, en cachette, au boulot, tu regardes des photos et des vidéos de ton enfant sur ton iPhone. Après, tes collègues sans enfants s’étonnent quand tu n’as pas envie de cinqàsepter. Le 5 à 7, c’est tout ce qu’il te reste (ma fille roupille à 7h00 tapant) ! Je me souviens d’avoir moi-même un peu jugé les mères, avant d’en être une : « Ben voyons, à quel point elle est pressée de rentrer chez-elle, celle-là ? C’est pas super professionnel… Quand bien même elle verrait son enfant une demi-heure plus tard ! »

Je m’excuse, les filles. Vraiment. Mais consolez-vous : aujourd’hui, y’a des p’tites jeunes hipsters au bureau qui me jugent à mon tour. Quoiqu’elles ne doivent pas savoir mon nom : je n’y vais plus, dans les 5 à 7…

2- La bouffe

Durant mon congé de maternité, Mademoiselle C. mangeait siiiii varié. Douze fruits et légumes différents par semaine, trois-quatre sources de protéines différentes, allant du foie de veau au cheval en passant par le tofu, les crevettes et les lentilles, une quantité bien calculée d’aliments contenant du fer… J’essayais de nouveaux mélanges, je lui faisais découvrir un nouveau goût, une nouvelle texture presque chaque jour si ce n’est à chaque repas. « Ah mais tiens, prenons une ou deux heures pour concocter quelque chose d’inédit. J’ai un si beau livre de recettes pour bébé, après tout ! » Habillée en mou semi-fashion, je cuisais, je réduisais en purée, je congelais avec passion. Depuis que j’ai recommencé le boulot, disons que le brocoli cuit vapeur revient souvent. Les cubes de blanc de poulet et l’avocat aussi. Je mise sur des affaires safe, tsé, des trucs que je sais qu’elle aime. Mmmm (encore) du bon spaghetti… Si je me sens coupable ? Je devrais… mais j’ai pas le temps.

3- L’humeur

Ma fille est un rayon de soleil de 7h00 à 17h00 environ. Moi, j’arrive autour de 17h30. En plein l’heure où on commence à être fatiguée. Où on supporte moyen la moindre contrariété. Où on fait la danse du bacon parce que maman ne nous laisse pas reprendre cette couche pleine de m**** dans la poubelle. Où on hurle parce que cette méchante maman ne comprend pas ce qu’on pointe du doigt en criant « Za pétipéti ci-yal ? » Vers 16h00, je reçois parfois sur mon cellulaire une vidéo de ma fille, tout sourire, au parc avec son papa. Je la regarde, attendrie. J’ai hâte de la retrouver. Je la retrouve et… « ZA PÉTIPÉTI CI-YAL !!!?! » Finalement, elle n’aimait pas son souper et voulait des céréales, come on, c’était clair, non ?

 4- Le ménage

En raison du point #1 précédemment explicité, tu comprendras que durant l’heure par jour qu’il me reste à passer avec ma progéniture, je ne focalise pas trop sur la propreté de mon espace de vie. Lire : priorité #28 sur la liste. Puis arrive le week-end. Enfin, du temps de qualité en famille ! Pas de presse. Pas d’horaire. Penses-tu que c’est là que je me garroche sur vadrouille, torchons et pouches-pouches ? Que nenni. Je vais au parc. Je vais visiter les grands-parents. Je soupe avec mon Homme et une bonne bouteille de rouge. Alors voilà, moi qui ai toujours été contre, je me cherche actuellement une femme de ménage. J’ai vécu quelques mois dans le déni, mais ça commence à être dur d’ignorer les coulisses, les cernes et les buissons de films western (joyeux alliage de cheveux et de poussière) qui roulent dans les courants d’air. HELP ! J’ose plus inviter personne à souper.

5- Le sexe

On était super fiers, l’Homme et moi. On a recommencé bien vite à faire l’amour après la naissance de Mademoiselle C. Durant toute l’année que j’ai passée à la maison, on trouvait le temps. Par-ci. Par-là. Durant la sieste de bébé en après-midi, lorsque mon amoureux finissait tôt, par exemple. Or, les siestes, avec le temps, ça tend à diminuer en nombre et surtout, ça tend à se faire à la garderie, pendant que tu es au boulot. Te réveiller AVANT bébé pour un peu de morning sex ? ES-TU MALADE ?!?! Du sommeil, tu en manques encore plus que tu manques de sexe, faque, hein. Et le soir, lorsqu’enfin tu souffles, après la course du matin, la frénésie du boulot et l’enfilade souper/temps de qualité/bain du soir, l’énergie qu’il te reste pour sauter avec cochonceté sur ton homme (et vice-versa) est, disons, limitée. C’est LÀ que le réel défi commence. Mon conseil ? N’attends pas à 23h00 quand vous allez vous écrouler de fatigue, empilés l’un sur l’autre en vous grommelant un « T’es beau/belle. J’te jure que j’te désire encore. Mais je suis siiiii fatigzzzzz. » Tsé, un homme qui s’endort presque sur toi pendant l’amour, c’est pas super érotique. Non, non (tousse-tousse), c’est pas une histoire vécue… Hum.

6- Les maladies

Eh oui, dans sa première année de garderie, un bébé, c’est souvent en piteux état. Ça attrape TOUT. Faire de la fière, c’est comme le hobby préféré des poupons. Et toi, tu peux tout de suite te faire greffer un thermomètre et une bouteille de Tempra comme prolongement de bras. Dans ta vie, l’expression « Saturday night fever » va prendre un nouveau sens, crois-moi. Et non, tu ne peux pas emmener ton enfant à la garderie s’il fait de la fièvre. « Mais je vais rester à la maison avec lui et travailler à distance ! C’est si tendance, le télé-travail ! »

Hahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !

Ben oui, toi. Un bébé malade, c’est connu, c’est super tranquille pis ça te laisse bosser sur ton ordi. Getty déborde de preuves, regarde :

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7- Les dents

Je ne m’y étais jamais attardé avant, mais… y’a beaucoup de dents, hein, dans une bouche ? Après 12 mois, quand tu retournes au boulot, il en reste beaucoup à sortir. Je ne sais pas si tu étais bonne en maths au secondaire, mais pour te rappeler le bon vieux temps, voici un petit problème à résoudre :

« Maman Geneviève a une petite fille nommée Mademoiselle C. Au bout de sa première année, Mademoiselle C. a percé 8 dents sur 20. Maman Geneviève retourne alors au boulot. Considérant que chaque dent qui sort cause environ 3 nuits de sommeil de marde à toute la famille, calcule combien de fois Maman Geneviève arrivera particulièrement poquée au boulot d’ici à ce que Mademoiselle C. ait toutes ses dents. »

Non, je ne veux pas connaître la réponse.

8- Les lectures

Durant la première année de vie de ma fille, je lisais tout. Sur le sommeil du nouveau-né, sur son alimentation, sur l’allaitement, sur les étapes de son développement, sur les jeux adaptés à son âge, sur le porte-bébé le plus ergonomique sur le marché. Blogues, bouquins, forums, Mieux-vivre, name it. Maintenant, moins. L’autre soir, je me suis retrouvée dans un souper ou un ami m’a dit qu’à l’âge de ma fille (16 mois), ça faisait LONGTEMPS qu’il avait coupé le biberon à son enfant. Qu’il ne lui donnait même plus de lait au moment du dodo, peu importe le contenant. J’ai comme eu un petit moment de panique intérieure en réalisant que je n’avais plus le temps de lire quoi que ce soit. Je n’ai aucune idée d’à quel âge je devrais couper le biberon à ma fille. Pis tu sais quoi ? Je m’en fous un peu. Une petite dose de lâcher-prise, des fois, ça fait pas de tort à personne.

9- L’allaitement

L’allaitement, tout le monde trouve ça MERVEILLEUX la première année. Mais après le retour au travail, si tu continues, tu récoltes quelques regards de biais. Lorsque Mademoiselle C. est entrée à la garderie, je trouvais que ça lui faisait beaucoup de nouveauté, beaucoup de changements auxquels s’adapter. J’ai jugé que lui couper complètement l’allaitement au même moment, ça ajoutait à la brutalité de l’affaire. Je me suis dit que j’allais poursuivre quelques semaines. Mais voilà, en cours de route, je n’ai pas vu de bonne raison d’arrêter. Je ne fais pas partie de ces illuminées qui font les manchettes, un enfant de six ans pendu au sein, mais j’aimerais me rendre à 18 mois, histoire de continuer à lui partager mes anticorps, en attendant qu’elle ait reçu tous ses vaccins. Ma fille a présentement 16 mois. Je l’allaite encore, soir et matin. C’est un beau moment et ça l’apaise.

T’sais, y’a que du positif là-dedans : 1- Je sens le lait, alors tous les bébés des autres m’adorent. 2- J’ai le sein plus guilleret au quotidien (j’anticipe un peu l’après). 3- Y’a plus de vin pour toi au bureau, le jeudi, parce que je ne m’alcoolise le sang que plus tard, chez moi, quand ma fille est couchée. Penses-y. Pis arrête de me juger, OK ?

10- Le sport

J’ai toujours été sportive. Jamais eu besoin de me forcer : je suis une coureuse. Ça fait partie de qui je suis. Même pendant la grossesse, je joggais au moins trois fois par semaine. Sauf que maintenant, je ne peux plus partir du bureau, espadrilles aux pieds et faire un petit 10K en direction de la maison pour rentrer souper avec mon homme tout en évitant le métro. Je vais manquer ma fille. Le matin, même chose (et de toute façon, je n’ai jamais été une sportive du matin. Je suis pâteuse, le matin). Ça fait que les plages horaires potentielles pour faire du sport se font plus rares qu’avant. Le week-end, ça va, on se relaie, l’Homme et moi. On y va chacun notre tour. Mais en semaine, lorsque ma fille se couche, à 19h00, c’est le moment pour nous de souper. Impossible d’aller courir immédiatement après un repas. J’y vais donc le midi, avant de luncher devant mon ordinateur. C’est la solution que j’ai trouvée. Sauf que ces temps-ci, au boulot, c’est plus rock’n’roll. Le midi n’est plus une plage horaire qui m’appartient. Résultat : j’ai participé au demi-marathon de Montréal, dimanche dernier, et ça faisait deux mois que mon entraînement préparatoire était un peu n’importe quoi… En 2013, j’avais couru le demi enceinte et ça avait été plus facile que cette année…

Alors oui, les poussettes jogging, oui, prendre du temps pour soi, mais quand le moment propice (t’as mangé, bébé est couché, t’as pris tes courriels urgents et abattu le boulot qui n’avait pu rentrer dans ton 9 à 5) arrive à 22h00, ben t’es crevée et t’as plus de plaisir à enfiler tes espadrilles. Ici aussi, un peu de lâcher-prise pourrait t’être utile. Ça ou deux petites lumières qui flashent pour aller courir dans le noir sans te faire frapper. C’est beau, le parc Laurier, un mardi soir, à 22h30… Oui, le petit point vert et le petit point rouge qui flashent, c’est moi. Je cours moins vite qu’avant, hein ? Ne me le fais surtout pas remarquer, ça se pourrait que je pleure. J’suis fatiguée (je cours au lieu de dormir). Pis SPM (oui, mes règles sont revenues y’a longtemps, même si j’allaite encore, cawlisse).

Tout ça pour dire que les mots « conciliation travail-famille » sont plus lourds de questions et de sens que je pensais. Ils contiennent des paragraphes en petits caractères, ces trois mots-là. T’sais, on est allées à l’école, nous, on a eu nos enfants tard parce que c’était pas le temps pour ça : c’était le temps de se bâtir une carrière à la hauteur de nos ambitions. On nous a dit que ça se pouvait, de tout avoir ; qu’il fallait juste faire les choses lentement, dans le bon ordre.

J’ai tout. Et je suis heureuse. Mais siiiii fatiguée.

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Le premier Noël de bébé : entre magie, cernes et orgie de cadeaux

MesFemmes

***J’ai commencé à écrire ce billet le 23 décembre, en prévision des Fêtes. Ça commençait par « Voilà, nous y sommes : Noël. » Finalement, je le publie le 26… C’est aussi ça, vivre les Fêtes avec un bébé. Faut lâcher prise sur le nombre de choses que tu peux accomplir dans une journée…

Je m’étais imaginée passer décembre à popoter gaiement avec ma fille, une cuillère de bois dans une main, un fouet dans l’autre, de la farine dans les cheveux et du chocolat au coin de la bouche, le tout sur un disque de Noël résolument quétaine (salutations à Jean-François Breault et Marie-Ève Janvier). Ça aura plutôt été la première année où je n’aurai pas distribué mes FAMEUSES boîtes de desserts du temps des Fêtes. Pas eu le temps. Désolée. Le sucre à la crème, les carrés tarte au sucre, les bonbons aux patates, les sablés à la cardamome, les boulettes de fudge à la menthe ou à l’orange, les petites boules aux dattes, les bouchées aux juliennes chocolatées, le saucisson choco-pistaches : FORGET IT. Y’en n’aura pas.

J’entends d’ici une trentaine de hurlements frustrés et dépités, de pieds qui frappent le sol avec l’ardeur d’un terrible two dans un centre commercial. Je sais, j’aurais dû vous préparer psychologiquement, gang… Après tout, y’en a qui jeûnent en prévision de l’arrivée de ma boîte aux 14 000 calories, chose…

Bref, pour toi comme pour moi, j’imagine que Noël est arrivé vite et en douce et en ce magnifique et glorieux jour du Boxing Day (lire : sors pas de chez-vous), tu as probablement déjà goûté à cette petite saveur aigre-douce du party avec bébé. Tu t’en es bien sortie ? Ça s’est mieux passé que tu l’avais imaginé ? Moins bien ? Mon billet aurait été nettement plus pertinent le 23, mais si, comme moi, tu vois encore se profiler devant toi une trâlée de partys, de soupers et d’obligations diverses pour la prochaine semaine, tu pourras au moins, en le lisant, te sentir moins seule.

D’abord, l’idée t’a peut-être effleurée (une fraction de seconde) de ne pas emmener ton angelot avec toi. Tu t’es demandée où tu allais bien pouvoir le coucher dans cette salle communautaire louée, tu t’es dit que tu méritais trois-quatre verres de Champagne sans te soucier du prochain allaitement ou encore que de l’emmener concurrencer le baryton du Minuit Chrétien à la messe de minuit n’était peut-être pas ta meilleure idée… Or, à moins que des parents proches n’aient rien de prévu ce soir-là, y’a peu de chances pour que quelqu’un se propose pour venir passer son 24, son 25 ou son 31 à garder. Et si quelqu’un se propose avec insistance, inquiète-toi. Sérieusement, QUI voudrait garder ton enfant à Noël (ou le 31) à part la gang des Résidences Soleil ? (Aparté : Traverser une résidence pour personnes âgées avec un poupon, c’est SURRÉEL. Tu t’enduirais de sauce BBQ pour ensuite aller te pavaner toute nue dans un congrès de cannibales que tu ne susciteras pas davantage de petits cris d’envie… Essaie, une journée où t’as rien à faire. Ça leur fera tellement plaisir.)

Alors voilà, tu prépares tout, tu loades la voiture jusqu’à en tester les amortisseurs : parc, poussette, jouets fétiches, purées, tites-cuillères en plastique, gobelets, bavettes, bouteilles, thermos pour réchauffer tout ça à l’eau bouillante, pyjamas, cadeaux, porte-bébé, alouette. Puis tu réalises que tu n’as pas encore eu le temps de faire ta propre mise en beauté (lire : tu fais dur en ta), alors tu prends un gros 10 minutes pour enfiler la première affaire qui te tombe sous la main, essayer de camoufler tes cernes avec une potty quelconque et tenter de faire quelque chose avec ta tignasse rebelle (malgré la repousse d’un mini-toupet indomptable due à une perte de cheveux massive post-accouchement).

La magie de Noël commence déjà, tu le sens, hein ?

Te voilà en plein party.

Évidemment, tout le monde veut prendre bébé, c’est normal et c’est tant mieux. Faire partie d’une famille où tout le monde s’en crisserait et/ou refuserait de toucher à l’enfant avec dédain, serait un tantinet plus bizarre. Reste que toi, tu connais ton enfant. Selon l’heure qu’il est, la journée qu’il a passée, l’alignement des étoiles et l’expression de sa petite face, tu sais parfaitement s’il est disposé ou non à passer de bras en bras et d’attaque de bisous en attaque de bisous. Mais va dire ça à matante Gertrude et son shitload d’enthousiasme, que c’est peut-être pas le meilleur moment, qu’on va d’abord prendre le temps de lui enlever son ti-manteau et d’apprivoiser les lieux, que tout à l’heure, peut-être…

« Ben voyons ! J’en ai élevé 8 moé-là ! T’as-tu peur que j’te l’brise ? Amène-ça icitte, c’te belle face-là ! »

Tu lui tends le poupon avec résignation ET un sourire intérieur machiavélique. Ah ouin ? Ben kin. Tu verras ben. Tu sais pertinemment que ton chérubin va pleurer dans 5, 4, 3, 2… Tu sais aussi que ton enfant a, comment dire, un certain tonus dans le domaine du pleur quand il s’y met. Dès le jour 1, à l’hôpital, les infirmières mettaient leurs gants blancs pour te dire qu’il avait « du caractère », « de la personnalité » ou « une belle intensité ». Matante Gertrude, elle va vite voir que tu ne jouais pas la maman poule pour le plaisir. Orgueilleuse, elle va tenter (en vain) de calmer la bête pendant de (trop) longues minutes avant de te la ramener avec une réplique du genre « Y’est pas ben ben sociable c’t’enfant-là… Le sors-tu coudonc ? »

Sinon, entre mononcle Joe qui voudra lui faire suçoter un peu de crémage à gâteau (Enwèye donc ! C’est Nowel !), les multiples cadeaux qu’il faut finir par déballer alors que l’emballage est pourtant tellement plus divertissant et les dodos répétés au fond d’un parc, dans une pièce inconnue; on en demande beaucoup à un bébé à Noël. Personnellement, Mademoiselle C. adore les gens et n’est jamais plus heureuse que lorsqu’elle ne sait plus où donner de la tête tellement il y a de stimulations partout. Alors Noël, pour elle, ça a été assez magique. Reste que c’est déstabilisant, que ça lui fuck son pattern de sommeil et qu’à force de vouloir rester dans le party, elle s’épuise, la pauvre. Il faut des parents responsables pour mettre leur pied à terre et dire que, même si 8 matantes n’ont pas encore eu l’occasion de prendre bébé, il faut quand même qu’il aille au lit.

Pour le fun, j’te fais un p’tit listing de mes 10 commandements de Noël pour les mamans qui, comme moi, n’ont pas un bébé qui leur dormira dans les bras, la face dans les paillettes de leur décolleté, pendant qu’elles mangent de la dinde :

1- Chez tes parents tu dormiras

Après les partys du 23 et du 24, on est restés coucher deux nuits chez mes parents. Ça demande de la préparation et du stock à n’en plus finir, mais si tu as la chance d’avoir une maman aussi formidable que la mienne, tu pourras dormir un petit 2 heures de plus le matin pendant que grand-maman profite de temps de qualité avec sa descendance. Si ta soeur est la marraine et qu’elle dort là aussi, tu as frappé le gros lot.

2- L’heure du dodo tu ne repousseras pas trop

Mademoiselle C. va généralement au lit à 19:00 et s’endort en quelques minutes à peine. C’est sûr que quand la réunion familiale commence à 18:00 ou même 18:30, ça devient difficile. Tu ne veux pas arriver, flasher ton bébé 3 secondes et demie à une foule de gens qui ne l’ont peut-être encore même jamais vu et vite aller le coucher dans la chambre du fond. Au-delà du jugement des autres (Coudonc, elle a hâte en maudit de l’allaiter pour se pitcher dans la boésson, elle.), c’est aussi un peu brutal pour bébé. Alors tu repousses un peu. Mais personnellement, je peux étirer de 30 minutes ou, à la limite, d’une heure, mais pas plus. Passé ce délai, Mademoiselle C. ne s’endure plus. Tout l’agresse, elle est agitée, se frotte les yeux, baille… Ce serait un manque de respect envers ses besoins de vouloir la garder avec moi plus longtemps.

3- À tous ceux qui sauront mieux que toi ce que tu devrais faire tu souriras

« QUOI ??!!? Tu l’allaites encore à 7 mois 1/2 ? Dans mon temps, on leur donnait du steak à 1 mois… »

« QUOI ??!? Tu restes à la maison toute une année avec elle ? Dans mon temps, on n’avait même pas fini de saigner qu’on retournait dans le champs faire les foins… »

« Est-ce qu’elle bouge toujours comme ça ? Iiiiish, ça va lui prendre du Ritalin taleure ! »

Sourire, sourire, sourire. Je suis si zen. La pluie de vos bienveillants conseils n’atteint pas le parapluie de mon je-m’en-crissisme.

4- À l’avance, la modération des cadeaux tu auras prôné

Mademoiselle C. a 7 mois 1/2, elle ne réalise même pas ce qu’est un cadeau. Bien sûr, elle apprécie la nouveauté du jouet que l’on dépose devant elle, mais elle n’a pas besoin du super-cadeau-gros-comme-le-divan-à-monter-en-famille-qui-coûte-la-peau-des-fesses. Perso, j’avais donné une seule directive à mon père (le plus enthousiaste des donneurs de cadeaux sur Terre) : aucun cadeau qui ne rentre pas dans une caisse de 24 bières. J’habite dans 1000 pi carrés; plus gros, c’est trop gros. Bon, il s’est un peu laissé aller sur le nombre, à la place, mais on ne peut pas tout contrôler…

5- Aucun cadeau tu n’auras toi-même acheté

Ça, j’aurais dû y penser AVANT. J’ai acheté deux jouets à ma fille, en plus d’un livre. Les deux jouets sont encore emballés sous le sapin. Elle a reçu des trucs de ses grands-parents, d’autres de ses oncles et tantes des deux côtés de la famille… Moi, j’aurais pu m’abstenir pour son premier Noël.

6- Pas trop d’argent en robe à froufrous du n’auras dépensé

Si tu as une fille, pourquoi ne pas lui acheter un beau petit kit propre et simple que tu pourras lui faire reporter ensuite ? On le sait, leurs vêtements leur font pendant 1 ou 2 mois maximum. La robe à froufrous/paillettes/volants/dentelle/tralala, tu lui mettras une fois, that’s it, that’s all. C’est pas un investissement super intelligent. Mets donc ça dans son régime d’épargne-études, à la place.

7- Du lait congelé tu auras préparé

Oui, d’habitude Mademoiselle C. dort sans se réveiller et sans boire de 19:00 à 6:00 ou 7:00, mais quand on la sort de son lit à 2:00 AM pour lui faire traverser un party où a lieu une enlevante partie de beer pong, qu’on l’installe dans l’auto pour un trajet de 4 minutes seulement pour ensuite la remettre au lit ailleurs que chez elle, parfois, elle se réveille UN PEU. Du lait, ça peut alors être pas pire pratique pour l’aider à replonger dans le sommeil. Et quand maman a bu 3-4 verres de vin et un Amarula, la mettre au sein lui semble vaguement indigne. Oh, sans doute qu’elle se rendormirait encore plus vite, mais un petit sac de lait congelé et un biberon te fait sentir comme une meilleure mère. Même si tu tangues un peu en le faisant chauffer.

8- La doudou jamais tu n’oublieras

Rien à ajouter. Tu peux oublier ou perdre ta brosse à dents, tes petites culottes, ton iPhone ou même ta dignité entre deux partys, mais…

PAS.

LA.

DOUDOU.

Tsé les menottes coquines en minou que ton chum a achetées en joke y’a trois ans et que vous n’avez jamais utilisées ? Ben c’est le temps de les rentabiliser.

9- Du petit moniteur vidéo ton meilleur ami tu feras

Ça peut sembler superflu, un moniteur vidéo, mais quand tu es dans un party endiablé, que la musique joue à tue-tête et que ton poupon dort à l’étage, à l’autre bout de la maison, un petit moniteur vidéo qui te le monde en train de faire l’étoile, tranquillos, ça évite bien des allers-retours et des soucis. Et comme chez mes parents toutes les portes semblent avoir besoin d’une bonne dose de Jig-A-Loo, ça évite aussi de réveiller bébé d’un grincement perçant en voulant aller voir si tout va bien…

10- L’heure du coucher de bébé pour te paqueter tu attendras

Sur ce point, c’est ma façon très personnelle de faire et elle n’est pas mieux qu’une autre. Ce n’est pas tant un conseil qu’un partage. Pour moi, c’est beaucoup plus facile de coucher Mademoiselle C. dans un environnement étranger si je l’allaite avant de la mettre au lit. C’est chaud, c’est rassurant et ça la calme. Alors j’attends que 19:00 arrive et qu’elle soit à l’horizontale avant de prendre mon premier drink. Bon, c’est un peu gossant parfois, je manque pas mal toujours l’apéro, mais si tu viens d’une famille où on sert du Bellini ou du Cinzano, c’est peut-être pas une mauvaise chose… En plus, ça t’évite d’avoir les seins qui veulent sauter dans la face de mononcle Rolland à 22:00 parce que t’as sauté le boire du soir…

Voilà. Si ce billet est décousu, c’est que j’ai moins dormi/plus bu qu’à mon habitude ces derniers jours. Peut-être aussi que je me sens en vacances et que j’ai moins le goût de me relire. Lis-moi avec un petit digestif, ça devrait couler.

Là-dessus, un très joyeux temps des Fêtes à toutes les nouvelles mamans ! Profitez-en : en congé de maternité, c’est rare qu’on socialise autant ! 😉

*** Dramatisation générale. Toute ressemblance avec un membre de mon entourage est purement fortuite.

10 choses qu’on a omis de te dire quand tu es tombée enceinte

1- Pendant quelques jours après l’accouchement, t’as encore l’air enceinte

Le classique, c’est de se faire demander « C’est pour quand ? » et d’avoir à répondre « Il est né y’a quatre jours ». Ben oui. C’est plate, mais c’est ça. L’utérus distendu doit tranquillement reprendre sa taille normale. Prévois ton linge d’hôpital en conséquence. Toi qui moules ta bedaine fièrement depuis des mois, là, t’auras peut-être pas le goût de t’habiller ben ben moulant. Mais rassure-toi, les gens seront tellement occupés à regarder le bébé que tu pourrais avoir mis ta jaquette bleue d’hôpital à l’envers, la fente en avant, que personne ne le remarquerait.

2- Dans tout le poids pris durant la grossesse, y’en a un bon bout qui t’appartient

Eh oui. Enceinte de Mademoiselle C., j’avais pris 27 lbs. Au retour de l’hôpital, je suis montée sur mon pèse-personne. Je me disais qu’avec un beau bébé de 8 lbs, plus le poids du placenta, du liquide amniotique, de l’eau que mon corps retenait en fin de grossesse… Déception : tout ça m’avais enlevé 12 de mes 27 lbs. Il m’en restait 15. Comprends-moi bien : c’est correct comme ça. N’essaie pas de limiter ta prise de poids pour autant. Faut juste gérer tes attentes. Pour te rassurer, dans mon cas, en quelques semaines, il ne m’en restait que 5 et 3 mois plus tard, j’étais sous mon poids d’avant la grossesse. Sans régime particulier. En attendant, patience. Fais comme tes visiteurs : regarde le bébé plutôt que la maman.

3- Après un accouchement, tu saignes. Longtemps.

Personne ne m’avait dit ça, moi, que je saignerais pendant plus d’un mois. Quand les gens parlent du nombre élevé de couches à changer avec un bébé, ils incluent les tiennes, j’pense.

4- On va te conseiller le massage du périnée

Le beau-frère nous avait dit de ne surtout pas faire ça, que c’est un véritable « tue-l’amour ». Mais je l’ai dit, je suis un peu première de classe sur les bords. S’il y avait une chance pour que ça m’évite de déchirer, c’est sûr que j’allais sauter là-dessus. J’aimerais ici remercier mon amoureux, qui a su en rire QUOTIDIENNEMENT pendant 6 ou 7 semaines ; qui a même composé la désormais célèbre chanson « Je vais te masser le périnée. Tous ensemble pour ton périnée ». Pour vrai, ça devrait être interdit d’appeler « massage » un truc aussi peu sensuel. Ok, ça implique de l’huile et des mains, mais la comparaison s’arrête pas mal là. Tsé quand tu mets un truc en bois dans tes nouvelles chaussures à talons hauts pour les agrandir d’un demi-point ? Ben ça ressemble plus à ça. Mais le jeu (!?!) en aura valu la chandelle : vous auriez dû voir la face victorieuse de mon chum dans la salle d’accouchement quand le doc a annoncé que mon périnée était INTACT. Ça ou la Coupe Stanley, même feeling.

5- Ne t’illusionne pas sur hypno-naissance

Le web regorge de beaux témoignages de femmes ayant accouché sans la moindre douleur grâce à l’hypnose. Des vagues, qu’elles ressentaient, les braves madames. Je suis tellement contente pour elles. J’ai fait toute la formation d’hypno-naissance, ça m’a détendue, ça m’a aidée à visualiser mon accouchement, ça m’a préparée mentalement. Oui. Mais on va se le dire, une grosse contraction, ça te broie d’un coup. Tu ne peux plus penser, plus imaginer qu’il y a eu un avant ou un après, tu ne peux plus exister en dehors de cette douleur. Faque commencer à imaginer mon endroit parfait… Tsé la belle plage asiatique que j’avais visualisée pendant des semaines, là ? Ce jour-là, elle était fermée. Des coliformes fécaux dans l’eau, j’pense.

6- Tu peux mettre 75 % de ta garde-robe dans les boules à mites pour la prochaine année

T’auras beau reprendre ta taille de guêpe super vite, si tu fais le beau, le merveilleux choix de l’allaitement, tu ne pourras pas recommencer à porter ton linge d’avant, après l’accouchement. Eh ben non. Désolée. T’es déçue, hein ? Sache que, d’abord, ta plantureuse poitrine de mère nourricière risque de faire sauter quelques boutons. Mais surtout, ce que personne ne te dit, c’est que tu ne pourras porter que les morceaux qui te permettent de dégainer une boule à tout moment. Oublie ça, ta jolie robe verte. Tu vas la relever au complet pour mettre ton mignon au sein ? Ta robe licou ? Laisse-moi rire. Tu peux brûler drette là tout ce qui requérait auparavant un soutien-gorge sans bretelles. En fin de soirée, quand tu auras sauté un allaitement parce que ton formidable amoureux donne un biberon et que tes seins rappelleront vaguement une certaine chanteuse country, parole de scout, Chère, TU VEUX DES BRETELLES. Finalement, balance aussi tout ce qui comporte de fines bretelles parce que celles des soutiens-gorge d’allaitement sont toutes XXL. Harnachée de même, t’as plus l’air d’une parachutiste que d’un ange Victoria’s Secret. Un don de soi, qu’ils disent.

7- Tu ne recommenceras pas vraiment à t’enfiler une série de shooters dès le lendemain

Si tu allaites, c’est pas vrai que sitôt la bête expulsée tu pourras te commander un mojitos au bar de l’hôpital. Depuis l’arrivée de Mademoiselle C. dans ma vie, j’ai ce tableau ouvert dans mon iPhone en permanence. Ça dit combien de temps tu dois attendre avant d’allaiter après un certain nombre de consommations. Pour moi, une consommation et je dois attendre 2h30. Deux consommations et c’est 5 heures. Et personnellement, j’ai horreur de passer 35 minutes à tirer mon lait pour le jeter… Il y a eu tout un mois où ma fille buvait aux 1h15. Je peux te dire que j’ai eu ma dose de moût de pommes pendant ce mois-là. Pu capable du moût de pommes. Je te partage ce que j’ai trouvé pour me consoler : le kombucha. La fermentation te donne presque l’impression de boire de l’alcool. Presque. Disons que c’est comme manger de la salade de fruits comme dessert. Alors apprivoise le tire-lait, Chère, fais des réserves, parce qu’il est ta planche de salut vers l’ivresse. La SAQ devrait faire une promo : acheter pour XXX $ et obtenez un tire-lait. Je suis sûre qu’au bout du compte, ils rentreraient dans leur argent.

8- C’est pas toujours si facile de traîner un bébé partout

Avant d’avoir un enfant, j’avais l’impression que ça dépendait uniquement des parents. Que les parents cool traînaient leurs enfants partout et que les autres, c’était juste des pognés qui empêchaient leurs petits d’apprendre à socialiser. Petite nouvelle : un bébé, ça naît avec un tempérament, une personnalité, un caractère. Oui, tu peux le conditionner, l’aider à s’adapter à différents environnements et tout et tout, mais ton succès ne dépend pas entièrement de toi. Depuis que je suis mère, je me suis excusée à une ou deux amies à qui j’avais tenu, il y a quelques années, des discours convaincus, remplis de jugement, alors que je ne savais TELLEMENT pas de quoi je parlais. On s’entend, pour certaines, ça marche (les bitches…) ; c’est le chaos et leur bébé se la joue cool dans tout ça. Petit Albert dort dans sa coquille aux pieds de sa maman hipster qui sirote un espresso en tapant sur une vieille dactylo au Kitsuné ; petite Olivia dort dans le porte-bébé, un mignon casque anti-bruit sur les oreilles, contre le chest de son papa qui sautille en plein Osheaga. Moi, avec Mademoiselle C., c’est pas tout à fait ça. J’en ai un casque anti-bruit. La fois où on a essayé de le lui mettre sur la tête (au party des 60 ans de son grand-père dans une salle communautaire, on est loin du niveau sonore d’Osheaga), elle a hurlé et agité les bras jusqu’à ce qu’elle réussisse à l’arracher. Elle était pourtant endormie au moment de le lui mettre… Disons qu’avec elle, je dois tenir compte de la routine établie. Plus il y a de routine, en fait, et plus c’est agréable à vivre. Ma fille combat son sommeil lorsqu’elle n’est pas dans son lit, coupée de tout stimuli. Elle est comme ça. La Georges St-Pierre du sommeil. Ça veut dire que si tu m’invites à aller déjeuner, que je dis oui et qu’elle saute sa sieste du matin, je vais passer une horrible journée ensuite. Peut-être même une nuit de marde. Ça donne le goût de bouffer un bagel à la maison, à la place. Mmm, le bon bagel.

9- Le sommeil n’est pas nécessairement une chose innée chez l’humain

Si tu as lu mes autres posts, tu sais déjà que j’ai travaillé fort pour aider ma fille à aller chercher tout le sommeil nécessaire à son bonheur (et au mien). On s’imagine qu’un besoin aussi essentiel que le sommeil devrait s’installer de façon totalement innée… Oui, ton bébé va dormir de façon innée, mais pas nécessairement sur un horaire qui « fit » avec ta vie d’adulte normal. Certains bébés, comme Mademoiselle C., combattent leur sommeil et accumulent de la fatigue. Au début, le nouveau-né ne distingue pas le jour de la nuit. C’est à toi de lui apprendre ça. Gros mandat. Et ensuite, selon le tempérament de ton enfant, son pattern de sommeil peut varier de « parfait » à « GregoryCharlesque ». De plus, avec le temps, il peut faire de mauvaises associations pour l’endormissement. Par exemple fatigue + sein = dodo ou fatigue + se faire promener dans les bras pendant une heure = dodo. Encore à toi de lui apprendre que fatigue = dodo. Tout court. Je t’annonce que pendant que tu travailles là-dessus, toi, tu ne dors pas. Et, j’ai posé la question à un spécialiste : oui, c’est mal de tremper sa suce dans le whisky pour faciliter son « apprentissage ». 😉

10- Des fois, une journée, c’est long

Le congé de maternité est un acquis formidable et nous sommes chanceuses, au Québec de l’avoir. Extrêmement chanceuses de pouvoir passer du temps de qualité avec nos bambins et de pouvoir les voir évoluer tout au long de leur première année de vie. Ceci dit, des fois, une journée avec un très petit bébé, c’est long. Long comme le film Carcasses, de Denis Côté (désolée si t’as aimé). Tu te demandes quoi faire avec ton enfant, à un si jeune âge, pour le stimuler, pour être une bonne mère… Alors tu le berces, tu le cajoles, tu joues avec lui, tu lui imites tous les animaux de la ferme, tu lui lis une histoire, tu fais le pitre. Tu l’allaites. Là, tu regardes l’horloge et tu vois qu’il est 9:10 AM. GOD. Tu vas prendre une marche. Tu souris à toutes les autres mamans avec poussettes que tu croises. Un sourire complice. Un sourire qui dit : « Sti qu’on se comprend, hein ? Toi aussi, tu savais plus quoi faire dans ta maison ? » Au fil des jours, tu apprends à arrêter de culpabiliser et tu laisses bébé s’amuser seul durant de petites périodes, pendant que tu cuisines, que tu fais un peu de ménage, que tu déjeunes. Tu te dis qu’il lui faut développer son autonomie, non ? Je sais pas pour toi, mais reste que pour moi, ça demeure impensable de lire un livre ou d’ouvrir mon ordinateur quand ma fille est réveillée. Me sens indigne. Mais c’est connu : la culpabilité est à la maman ce que le turban est à Francine Grimaldi ; ça n’a pas nécessairement été conçu pour elle, mais elle le porte quand même en tout temps.

Te voilà prévenue. Ah oui ! J’oubliais :

11- Tout le monde fait caca en accouchant

Stresse pas avec ça.