Le premier Noël de bébé : entre magie, cernes et orgie de cadeaux

MesFemmes

***J’ai commencé à écrire ce billet le 23 décembre, en prévision des Fêtes. Ça commençait par « Voilà, nous y sommes : Noël. » Finalement, je le publie le 26… C’est aussi ça, vivre les Fêtes avec un bébé. Faut lâcher prise sur le nombre de choses que tu peux accomplir dans une journée…

Je m’étais imaginée passer décembre à popoter gaiement avec ma fille, une cuillère de bois dans une main, un fouet dans l’autre, de la farine dans les cheveux et du chocolat au coin de la bouche, le tout sur un disque de Noël résolument quétaine (salutations à Jean-François Breault et Marie-Ève Janvier). Ça aura plutôt été la première année où je n’aurai pas distribué mes FAMEUSES boîtes de desserts du temps des Fêtes. Pas eu le temps. Désolée. Le sucre à la crème, les carrés tarte au sucre, les bonbons aux patates, les sablés à la cardamome, les boulettes de fudge à la menthe ou à l’orange, les petites boules aux dattes, les bouchées aux juliennes chocolatées, le saucisson choco-pistaches : FORGET IT. Y’en n’aura pas.

J’entends d’ici une trentaine de hurlements frustrés et dépités, de pieds qui frappent le sol avec l’ardeur d’un terrible two dans un centre commercial. Je sais, j’aurais dû vous préparer psychologiquement, gang… Après tout, y’en a qui jeûnent en prévision de l’arrivée de ma boîte aux 14 000 calories, chose…

Bref, pour toi comme pour moi, j’imagine que Noël est arrivé vite et en douce et en ce magnifique et glorieux jour du Boxing Day (lire : sors pas de chez-vous), tu as probablement déjà goûté à cette petite saveur aigre-douce du party avec bébé. Tu t’en es bien sortie ? Ça s’est mieux passé que tu l’avais imaginé ? Moins bien ? Mon billet aurait été nettement plus pertinent le 23, mais si, comme moi, tu vois encore se profiler devant toi une trâlée de partys, de soupers et d’obligations diverses pour la prochaine semaine, tu pourras au moins, en le lisant, te sentir moins seule.

D’abord, l’idée t’a peut-être effleurée (une fraction de seconde) de ne pas emmener ton angelot avec toi. Tu t’es demandée où tu allais bien pouvoir le coucher dans cette salle communautaire louée, tu t’es dit que tu méritais trois-quatre verres de Champagne sans te soucier du prochain allaitement ou encore que de l’emmener concurrencer le baryton du Minuit Chrétien à la messe de minuit n’était peut-être pas ta meilleure idée… Or, à moins que des parents proches n’aient rien de prévu ce soir-là, y’a peu de chances pour que quelqu’un se propose pour venir passer son 24, son 25 ou son 31 à garder. Et si quelqu’un se propose avec insistance, inquiète-toi. Sérieusement, QUI voudrait garder ton enfant à Noël (ou le 31) à part la gang des Résidences Soleil ? (Aparté : Traverser une résidence pour personnes âgées avec un poupon, c’est SURRÉEL. Tu t’enduirais de sauce BBQ pour ensuite aller te pavaner toute nue dans un congrès de cannibales que tu ne susciteras pas davantage de petits cris d’envie… Essaie, une journée où t’as rien à faire. Ça leur fera tellement plaisir.)

Alors voilà, tu prépares tout, tu loades la voiture jusqu’à en tester les amortisseurs : parc, poussette, jouets fétiches, purées, tites-cuillères en plastique, gobelets, bavettes, bouteilles, thermos pour réchauffer tout ça à l’eau bouillante, pyjamas, cadeaux, porte-bébé, alouette. Puis tu réalises que tu n’as pas encore eu le temps de faire ta propre mise en beauté (lire : tu fais dur en ta), alors tu prends un gros 10 minutes pour enfiler la première affaire qui te tombe sous la main, essayer de camoufler tes cernes avec une potty quelconque et tenter de faire quelque chose avec ta tignasse rebelle (malgré la repousse d’un mini-toupet indomptable due à une perte de cheveux massive post-accouchement).

La magie de Noël commence déjà, tu le sens, hein ?

Te voilà en plein party.

Évidemment, tout le monde veut prendre bébé, c’est normal et c’est tant mieux. Faire partie d’une famille où tout le monde s’en crisserait et/ou refuserait de toucher à l’enfant avec dédain, serait un tantinet plus bizarre. Reste que toi, tu connais ton enfant. Selon l’heure qu’il est, la journée qu’il a passée, l’alignement des étoiles et l’expression de sa petite face, tu sais parfaitement s’il est disposé ou non à passer de bras en bras et d’attaque de bisous en attaque de bisous. Mais va dire ça à matante Gertrude et son shitload d’enthousiasme, que c’est peut-être pas le meilleur moment, qu’on va d’abord prendre le temps de lui enlever son ti-manteau et d’apprivoiser les lieux, que tout à l’heure, peut-être…

« Ben voyons ! J’en ai élevé 8 moé-là ! T’as-tu peur que j’te l’brise ? Amène-ça icitte, c’te belle face-là ! »

Tu lui tends le poupon avec résignation ET un sourire intérieur machiavélique. Ah ouin ? Ben kin. Tu verras ben. Tu sais pertinemment que ton chérubin va pleurer dans 5, 4, 3, 2… Tu sais aussi que ton enfant a, comment dire, un certain tonus dans le domaine du pleur quand il s’y met. Dès le jour 1, à l’hôpital, les infirmières mettaient leurs gants blancs pour te dire qu’il avait « du caractère », « de la personnalité » ou « une belle intensité ». Matante Gertrude, elle va vite voir que tu ne jouais pas la maman poule pour le plaisir. Orgueilleuse, elle va tenter (en vain) de calmer la bête pendant de (trop) longues minutes avant de te la ramener avec une réplique du genre « Y’est pas ben ben sociable c’t’enfant-là… Le sors-tu coudonc ? »

Sinon, entre mononcle Joe qui voudra lui faire suçoter un peu de crémage à gâteau (Enwèye donc ! C’est Nowel !), les multiples cadeaux qu’il faut finir par déballer alors que l’emballage est pourtant tellement plus divertissant et les dodos répétés au fond d’un parc, dans une pièce inconnue; on en demande beaucoup à un bébé à Noël. Personnellement, Mademoiselle C. adore les gens et n’est jamais plus heureuse que lorsqu’elle ne sait plus où donner de la tête tellement il y a de stimulations partout. Alors Noël, pour elle, ça a été assez magique. Reste que c’est déstabilisant, que ça lui fuck son pattern de sommeil et qu’à force de vouloir rester dans le party, elle s’épuise, la pauvre. Il faut des parents responsables pour mettre leur pied à terre et dire que, même si 8 matantes n’ont pas encore eu l’occasion de prendre bébé, il faut quand même qu’il aille au lit.

Pour le fun, j’te fais un p’tit listing de mes 10 commandements de Noël pour les mamans qui, comme moi, n’ont pas un bébé qui leur dormira dans les bras, la face dans les paillettes de leur décolleté, pendant qu’elles mangent de la dinde :

1- Chez tes parents tu dormiras

Après les partys du 23 et du 24, on est restés coucher deux nuits chez mes parents. Ça demande de la préparation et du stock à n’en plus finir, mais si tu as la chance d’avoir une maman aussi formidable que la mienne, tu pourras dormir un petit 2 heures de plus le matin pendant que grand-maman profite de temps de qualité avec sa descendance. Si ta soeur est la marraine et qu’elle dort là aussi, tu as frappé le gros lot.

2- L’heure du dodo tu ne repousseras pas trop

Mademoiselle C. va généralement au lit à 19:00 et s’endort en quelques minutes à peine. C’est sûr que quand la réunion familiale commence à 18:00 ou même 18:30, ça devient difficile. Tu ne veux pas arriver, flasher ton bébé 3 secondes et demie à une foule de gens qui ne l’ont peut-être encore même jamais vu et vite aller le coucher dans la chambre du fond. Au-delà du jugement des autres (Coudonc, elle a hâte en maudit de l’allaiter pour se pitcher dans la boésson, elle.), c’est aussi un peu brutal pour bébé. Alors tu repousses un peu. Mais personnellement, je peux étirer de 30 minutes ou, à la limite, d’une heure, mais pas plus. Passé ce délai, Mademoiselle C. ne s’endure plus. Tout l’agresse, elle est agitée, se frotte les yeux, baille… Ce serait un manque de respect envers ses besoins de vouloir la garder avec moi plus longtemps.

3- À tous ceux qui sauront mieux que toi ce que tu devrais faire tu souriras

« QUOI ??!!? Tu l’allaites encore à 7 mois 1/2 ? Dans mon temps, on leur donnait du steak à 1 mois… »

« QUOI ??!? Tu restes à la maison toute une année avec elle ? Dans mon temps, on n’avait même pas fini de saigner qu’on retournait dans le champs faire les foins… »

« Est-ce qu’elle bouge toujours comme ça ? Iiiiish, ça va lui prendre du Ritalin taleure ! »

Sourire, sourire, sourire. Je suis si zen. La pluie de vos bienveillants conseils n’atteint pas le parapluie de mon je-m’en-crissisme.

4- À l’avance, la modération des cadeaux tu auras prôné

Mademoiselle C. a 7 mois 1/2, elle ne réalise même pas ce qu’est un cadeau. Bien sûr, elle apprécie la nouveauté du jouet que l’on dépose devant elle, mais elle n’a pas besoin du super-cadeau-gros-comme-le-divan-à-monter-en-famille-qui-coûte-la-peau-des-fesses. Perso, j’avais donné une seule directive à mon père (le plus enthousiaste des donneurs de cadeaux sur Terre) : aucun cadeau qui ne rentre pas dans une caisse de 24 bières. J’habite dans 1000 pi carrés; plus gros, c’est trop gros. Bon, il s’est un peu laissé aller sur le nombre, à la place, mais on ne peut pas tout contrôler…

5- Aucun cadeau tu n’auras toi-même acheté

Ça, j’aurais dû y penser AVANT. J’ai acheté deux jouets à ma fille, en plus d’un livre. Les deux jouets sont encore emballés sous le sapin. Elle a reçu des trucs de ses grands-parents, d’autres de ses oncles et tantes des deux côtés de la famille… Moi, j’aurais pu m’abstenir pour son premier Noël.

6- Pas trop d’argent en robe à froufrous du n’auras dépensé

Si tu as une fille, pourquoi ne pas lui acheter un beau petit kit propre et simple que tu pourras lui faire reporter ensuite ? On le sait, leurs vêtements leur font pendant 1 ou 2 mois maximum. La robe à froufrous/paillettes/volants/dentelle/tralala, tu lui mettras une fois, that’s it, that’s all. C’est pas un investissement super intelligent. Mets donc ça dans son régime d’épargne-études, à la place.

7- Du lait congelé tu auras préparé

Oui, d’habitude Mademoiselle C. dort sans se réveiller et sans boire de 19:00 à 6:00 ou 7:00, mais quand on la sort de son lit à 2:00 AM pour lui faire traverser un party où a lieu une enlevante partie de beer pong, qu’on l’installe dans l’auto pour un trajet de 4 minutes seulement pour ensuite la remettre au lit ailleurs que chez elle, parfois, elle se réveille UN PEU. Du lait, ça peut alors être pas pire pratique pour l’aider à replonger dans le sommeil. Et quand maman a bu 3-4 verres de vin et un Amarula, la mettre au sein lui semble vaguement indigne. Oh, sans doute qu’elle se rendormirait encore plus vite, mais un petit sac de lait congelé et un biberon te fait sentir comme une meilleure mère. Même si tu tangues un peu en le faisant chauffer.

8- La doudou jamais tu n’oublieras

Rien à ajouter. Tu peux oublier ou perdre ta brosse à dents, tes petites culottes, ton iPhone ou même ta dignité entre deux partys, mais…

PAS.

LA.

DOUDOU.

Tsé les menottes coquines en minou que ton chum a achetées en joke y’a trois ans et que vous n’avez jamais utilisées ? Ben c’est le temps de les rentabiliser.

9- Du petit moniteur vidéo ton meilleur ami tu feras

Ça peut sembler superflu, un moniteur vidéo, mais quand tu es dans un party endiablé, que la musique joue à tue-tête et que ton poupon dort à l’étage, à l’autre bout de la maison, un petit moniteur vidéo qui te le monde en train de faire l’étoile, tranquillos, ça évite bien des allers-retours et des soucis. Et comme chez mes parents toutes les portes semblent avoir besoin d’une bonne dose de Jig-A-Loo, ça évite aussi de réveiller bébé d’un grincement perçant en voulant aller voir si tout va bien…

10- L’heure du coucher de bébé pour te paqueter tu attendras

Sur ce point, c’est ma façon très personnelle de faire et elle n’est pas mieux qu’une autre. Ce n’est pas tant un conseil qu’un partage. Pour moi, c’est beaucoup plus facile de coucher Mademoiselle C. dans un environnement étranger si je l’allaite avant de la mettre au lit. C’est chaud, c’est rassurant et ça la calme. Alors j’attends que 19:00 arrive et qu’elle soit à l’horizontale avant de prendre mon premier drink. Bon, c’est un peu gossant parfois, je manque pas mal toujours l’apéro, mais si tu viens d’une famille où on sert du Bellini ou du Cinzano, c’est peut-être pas une mauvaise chose… En plus, ça t’évite d’avoir les seins qui veulent sauter dans la face de mononcle Rolland à 22:00 parce que t’as sauté le boire du soir…

Voilà. Si ce billet est décousu, c’est que j’ai moins dormi/plus bu qu’à mon habitude ces derniers jours. Peut-être aussi que je me sens en vacances et que j’ai moins le goût de me relire. Lis-moi avec un petit digestif, ça devrait couler.

Là-dessus, un très joyeux temps des Fêtes à toutes les nouvelles mamans ! Profitez-en : en congé de maternité, c’est rare qu’on socialise autant ! 😉

*** Dramatisation générale. Toute ressemblance avec un membre de mon entourage est purement fortuite.

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