Bébé 2 où quand Alain Choquette ne s’en mêle pas assez.

Guess who’s back ? 14500257_10154370540396917_3041877303825452837_oEh oui, tranquillement, ce blogue devrait revenir à la vie puisque *roulement de tamtam un beau dimanche sur le Mont Royal*… JE SUIS ENCEINTE ! Bébé 2 est en route ! Bon, à 17 semaines, ce n’est plus de la nouvelle fraîche pour quiconque me côtoie de près et je dirais même que, considérant la vitesse à laquelle Ventre 2 a sorti de son zipper, s’il reste quelqu’un qui n’ait pas encore remarqué sur les 200 employés de mon bureau, c’est un super candidat pour la promo Greiche & Scaff (tsé le pourcentage de rabais sur des lunettes  selon ton âge, annoncé par un Winston McQuade qui doit, lui, avoir un pourcentage de rabais enviable ?).

Pfff, facile, que j’me disais. J’suis déjà passée par là. Ma première grossesse ! Quel moment de plénitude magique, quel miracle de la vie, hein ?

Ouais, j’en avais oublié des bouts.

Comme le tout petit bout appelé « LES TROIS PREMIERS MOIS », cette période bénie où tu es atteinte de narcolepsie permanente, où « faire la sieste un samedi » signifie que tu t’étends après le lunch pour te réveiller, poquée, étourdie et encore fatiguée, autour de 17h00. Cette glorieuse épopée où tu débordes TELLEMENT de joie que t’as le coeur au bord des lèvres en permanence, où t’es essoufflée à monter un escalier de six marches même si t’es une coureuse de feu, où tu vois des étoiles dès que tu bouges un peu vite. Ce bout-là, là.

J’avais pas complètement oublié, mais j’avais oublié à quel point.

Une loque. La meilleure façon que j’aie trouvé pour décrire le feeling aux gens autour de moi c’est : t’as l’impression de vivre un gros lendemain de veille – pareil : maux de tête, nausées, fatigue, lourdeur – tous les jours. Pendant une centaine de jours. Juste ça.

Et pendant ce temps, tu dois faire semblant que tu pètes le feu parce que tu ne l’as pas encore annoncé à qui que ce soit, que tu es enceinte. Si tu es une bonne petite fille, tu l’as dit aux copines, à la famille (et, idéalement, au père de l’enfant), mais avant de le gueuler dans un porte-voix au bureau, tu attends le sacro-saint palier des douze semaines, là où les risques de fausse couche seront pratiquement écartés. En attendant, tu fais des présentations clients, tu abats du boulot, tu te concentres et tu essaies d’oublier cette envie folle de te rouler en boule sous ton bureau, la face étampée dans le tapis sale, pour piquer un somme.

* Commentaire éditorial : c’est drôle comme dans les films, on montre toujours les femmes enceintes en train d’avoir mal au coeur et de courir dégueuler aux toilettes, alors que dans la vraie vie, c’est clairement la fatigue le signe #1. Y’a pas assez de femmes réalisatrices, de toute évidence.

Sauf que.

Sauf que lors de ma première grossesse, à douze semaines, pouf, magie, l’énergie était revenue, j’avais été assaillie par d’agressives hormones du bonheur et j’avais plané jusqu’au moment de mettre bas. Alors, laisse-moi te dire que je l’attendais de pied ferme, le douze semaines. Eh ben non. Pas pareil à Bébé 2. Ostie.

Je suis bel et bien sortie de mon état comateux, mais je reste, indubitablement, fatiguée. Est-ce parce que j’ai maintenant une petite tornade de deux ans et demi à la maison pour venir me réveiller aux aurores le samedi matin en criant « C’est le jour ! Y’a une tite craque de soleil, maman ! Je peux écouter Patpatrouille ? Moi j’adooooore Patpatrouille ! Je peux avoir une tite toast au beuwwrre d’ayachide ? » ? Y’a sans doute un peu de ça. Mais pourtant, j’ai l’Amoureux parfait. Tsé, le modèle qui laisse dormir sa blonde enceinte ? Qui lui fait un café décaféiné dans une seconde machine à espresso lorsqu’elle se lève enfin ? Qui lui dit qu’elle est belle, même si elle est prise avec un léger acné hormonal de grossesse et qu’elle se sent comme un béluga échoué près du Bota Bota (c’est-à-dire loin de sa zone de confort) ?

Alors je l’avoue, même si c’est mal et que je devrais nager dans le bonheur, j’ai comme un peu de misère à trouver ça magique, cette grossesse-là. C’est de la magie de calibre Alain  Choquette, mettons. Tsé, un peu périmée. Et je m’en sens coupable. On est chanceux, après tout, l’Homme et moi : il me regarde et je tombe enceinte. J’ai enlevé mon stérilet et trois semaines après, j’étais enceinte. Pareil les deux fois. Pendant ce temps, un nombre incalculable de nos amis ont mis des mois, même des années , à réussir à concevoir, sont allés en fertilité, ont fait fausse couche par dessus fausse couche. Je sais qu’on est chanceux. On n’est pas aussi fertile dans la trentaine que dans la vingtaine, mon doc me l’a dit cent fois.

N’empêche – mille excuses à ces amis à qui je paraîtrai ingrate et/ou indigne -, je ne flotte pas comme je voudrais. Je me revoie, enceinte de Mademoiselle C., à mettre des écouteurs sur mon ventre avec du classique tous les soirs, à lire chaque semaine à quel stade était rendu le bébé dans son développement, à toucher mon ventre tout le temps. Là, le soir, je m’affale dans mon lit comme un gros cachalot au bord de l’évanouissement, je lis deux-trois niaiseries sur Facebook et j’éteins. Moi pis la lumière.

Vous imaginez  bien que ma vie sexuelle atteint des sommets de cochonceté ces temps-ci, hein ?

Ma-gi-que.

Laisse-moi te dire que je suis loin de me booker une séance chez Magenta, habillée de jeans et de voilures blanches, à aller faire des photos avec des mains en coeur autour de mon nombril ou des p’tits souliers cutes sur ma bedaine…

Les mamans de deux, c’est-tu normal, de moins triper au deuxième ? De juste avoir envie de skipper ces quarante semaines-là et de passer tout de suite au bout où tu ramènes le poupon au bercail ? Même mon Amoureux parfait ne s’adresse pas à mon nombril, comme au premier. On est déjà blasés. Ça va bien.

Je me raccroche au fait que, lorsque je saurai le sexe, que lorsque je commencerai à le sentir bouger, ça deviendra plus concret, plus réel. La petite personne dans mon ventre prendra lentement la forme d’un bébé dans mon esprit, et non juste d’un lendemain de veille et d’une bedaine de bière. Tsé.

Bon, je vous laisse sur cette joyeuse note. Y’est passé 22h00, et je suis claquée. Pis aujourd’hui, une collègue m’a subtilement fait remarquer que j’avais l’air pas mal plus fatiguée qu’au premier. Le cache-cernes ne fait plus la job, ça a l’air. Vous avez une bonne marque à me suggérer ? Idéalement un qui se vend au gallon.

Petit top 10 des choses qui deviennent un défi APRÈS le congé de maternité

Tu t’es préparée mentalement à l’arrivée de cet enfant. Ce sera dur. Tu dormiras peu. Tu ne sortiras plus boire trop de vin avec les copines le jeudi et tu n’iras plus au théâtre avec ton homme. Tu te l’es répété souvent, pour être sûre d’avoir bien compris et accepté. Puis l’enfant arrive, tu vis les premières semaines, tu passes à travers les premiers mois et bien vite, ton année de congé de maternité est terminée. Il y a eu plein de défis, plein de moments difficiles, mais arrivée là, dans ta tête, tu as fait ta job. T’as réussi. T’es passée au travers. Champagne !

Sauf que.

Voici 10 choses qui deviennent un défi APRÈS le congé de maternité. Tsé quand l’emploi qui te mettait déjà dans le jus avant que tu sois mère reprend ? Quand tout ce qui remplissait tes journées en congé de maternité ne disparaît pas vraiment, mais que t’as 90% moins de temps pour le faire ? Allons-y joyeusement en commençant par le plus évident :

1- Le deuil du temps passé avec ton enfant

Tu as passé une année collée-collée sur ce petit être. Il t’a dormi dessus, vomi dessus, grimpé dessus, morvé dessus. Il t’a probablement mordu un mamelon deux ou trois fois et/ou t’as rendue sourde d’une oreille à force de hurlements pendant les coliques et/ou les poussées dentaires. Tu l’as promené dans toute la ville, tu as fait du cardio-poussette, du body design maman-bébé et de l’aquaforme avec, tu lui as chanté 1200 berceuses (dont tu as dû googler les paroles); tu t’es luxé une épaule à le brasser pour l’endormir et tu as imité pour lui tous les animaux de la basse-cour (et de la savane africaine). Chaque jour. 4 fois par jour. Pendant des mois.

Et là, tout à coup, tu le vois vite-vite le matin entre un brossage de dents, la concoction de ton lunch et une application d’ombre à paupières. Puis une petite heure le soir, avant qu’il ne tombe de sommeil. Tu ne vois plus ses premières fois. Il revient avec des bobos pour lesquels tu n’as pas pu le consoler. Il dit de nouveaux mots à son éducatrice avant de te les dire à toi. Il a une vie séparée de toi, un bon 8 heures par jour. C’est douloureux. Parfois, en cachette, au boulot, tu regardes des photos et des vidéos de ton enfant sur ton iPhone. Après, tes collègues sans enfants s’étonnent quand tu n’as pas envie de cinqàsepter. Le 5 à 7, c’est tout ce qu’il te reste (ma fille roupille à 7h00 tapant) ! Je me souviens d’avoir moi-même un peu jugé les mères, avant d’en être une : « Ben voyons, à quel point elle est pressée de rentrer chez-elle, celle-là ? C’est pas super professionnel… Quand bien même elle verrait son enfant une demi-heure plus tard ! »

Je m’excuse, les filles. Vraiment. Mais consolez-vous : aujourd’hui, y’a des p’tites jeunes hipsters au bureau qui me jugent à mon tour. Quoiqu’elles ne doivent pas savoir mon nom : je n’y vais plus, dans les 5 à 7…

2- La bouffe

Durant mon congé de maternité, Mademoiselle C. mangeait siiiii varié. Douze fruits et légumes différents par semaine, trois-quatre sources de protéines différentes, allant du foie de veau au cheval en passant par le tofu, les crevettes et les lentilles, une quantité bien calculée d’aliments contenant du fer… J’essayais de nouveaux mélanges, je lui faisais découvrir un nouveau goût, une nouvelle texture presque chaque jour si ce n’est à chaque repas. « Ah mais tiens, prenons une ou deux heures pour concocter quelque chose d’inédit. J’ai un si beau livre de recettes pour bébé, après tout ! » Habillée en mou semi-fashion, je cuisais, je réduisais en purée, je congelais avec passion. Depuis que j’ai recommencé le boulot, disons que le brocoli cuit vapeur revient souvent. Les cubes de blanc de poulet et l’avocat aussi. Je mise sur des affaires safe, tsé, des trucs que je sais qu’elle aime. Mmmm (encore) du bon spaghetti… Si je me sens coupable ? Je devrais… mais j’ai pas le temps.

3- L’humeur

Ma fille est un rayon de soleil de 7h00 à 17h00 environ. Moi, j’arrive autour de 17h30. En plein l’heure où on commence à être fatiguée. Où on supporte moyen la moindre contrariété. Où on fait la danse du bacon parce que maman ne nous laisse pas reprendre cette couche pleine de m**** dans la poubelle. Où on hurle parce que cette méchante maman ne comprend pas ce qu’on pointe du doigt en criant « Za pétipéti ci-yal ? » Vers 16h00, je reçois parfois sur mon cellulaire une vidéo de ma fille, tout sourire, au parc avec son papa. Je la regarde, attendrie. J’ai hâte de la retrouver. Je la retrouve et… « ZA PÉTIPÉTI CI-YAL !!!?! » Finalement, elle n’aimait pas son souper et voulait des céréales, come on, c’était clair, non ?

 4- Le ménage

En raison du point #1 précédemment explicité, tu comprendras que durant l’heure par jour qu’il me reste à passer avec ma progéniture, je ne focalise pas trop sur la propreté de mon espace de vie. Lire : priorité #28 sur la liste. Puis arrive le week-end. Enfin, du temps de qualité en famille ! Pas de presse. Pas d’horaire. Penses-tu que c’est là que je me garroche sur vadrouille, torchons et pouches-pouches ? Que nenni. Je vais au parc. Je vais visiter les grands-parents. Je soupe avec mon Homme et une bonne bouteille de rouge. Alors voilà, moi qui ai toujours été contre, je me cherche actuellement une femme de ménage. J’ai vécu quelques mois dans le déni, mais ça commence à être dur d’ignorer les coulisses, les cernes et les buissons de films western (joyeux alliage de cheveux et de poussière) qui roulent dans les courants d’air. HELP ! J’ose plus inviter personne à souper.

5- Le sexe

On était super fiers, l’Homme et moi. On a recommencé bien vite à faire l’amour après la naissance de Mademoiselle C. Durant toute l’année que j’ai passée à la maison, on trouvait le temps. Par-ci. Par-là. Durant la sieste de bébé en après-midi, lorsque mon amoureux finissait tôt, par exemple. Or, les siestes, avec le temps, ça tend à diminuer en nombre et surtout, ça tend à se faire à la garderie, pendant que tu es au boulot. Te réveiller AVANT bébé pour un peu de morning sex ? ES-TU MALADE ?!?! Du sommeil, tu en manques encore plus que tu manques de sexe, faque, hein. Et le soir, lorsqu’enfin tu souffles, après la course du matin, la frénésie du boulot et l’enfilade souper/temps de qualité/bain du soir, l’énergie qu’il te reste pour sauter avec cochonceté sur ton homme (et vice-versa) est, disons, limitée. C’est LÀ que le réel défi commence. Mon conseil ? N’attends pas à 23h00 quand vous allez vous écrouler de fatigue, empilés l’un sur l’autre en vous grommelant un « T’es beau/belle. J’te jure que j’te désire encore. Mais je suis siiiii fatigzzzzz. » Tsé, un homme qui s’endort presque sur toi pendant l’amour, c’est pas super érotique. Non, non (tousse-tousse), c’est pas une histoire vécue… Hum.

6- Les maladies

Eh oui, dans sa première année de garderie, un bébé, c’est souvent en piteux état. Ça attrape TOUT. Faire de la fière, c’est comme le hobby préféré des poupons. Et toi, tu peux tout de suite te faire greffer un thermomètre et une bouteille de Tempra comme prolongement de bras. Dans ta vie, l’expression « Saturday night fever » va prendre un nouveau sens, crois-moi. Et non, tu ne peux pas emmener ton enfant à la garderie s’il fait de la fièvre. « Mais je vais rester à la maison avec lui et travailler à distance ! C’est si tendance, le télé-travail ! »

Hahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahaha !

Ben oui, toi. Un bébé malade, c’est connu, c’est super tranquille pis ça te laisse bosser sur ton ordi. Getty déborde de preuves, regarde :

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7- Les dents

Je ne m’y étais jamais attardé avant, mais… y’a beaucoup de dents, hein, dans une bouche ? Après 12 mois, quand tu retournes au boulot, il en reste beaucoup à sortir. Je ne sais pas si tu étais bonne en maths au secondaire, mais pour te rappeler le bon vieux temps, voici un petit problème à résoudre :

« Maman Geneviève a une petite fille nommée Mademoiselle C. Au bout de sa première année, Mademoiselle C. a percé 8 dents sur 20. Maman Geneviève retourne alors au boulot. Considérant que chaque dent qui sort cause environ 3 nuits de sommeil de marde à toute la famille, calcule combien de fois Maman Geneviève arrivera particulièrement poquée au boulot d’ici à ce que Mademoiselle C. ait toutes ses dents. »

Non, je ne veux pas connaître la réponse.

8- Les lectures

Durant la première année de vie de ma fille, je lisais tout. Sur le sommeil du nouveau-né, sur son alimentation, sur l’allaitement, sur les étapes de son développement, sur les jeux adaptés à son âge, sur le porte-bébé le plus ergonomique sur le marché. Blogues, bouquins, forums, Mieux-vivre, name it. Maintenant, moins. L’autre soir, je me suis retrouvée dans un souper ou un ami m’a dit qu’à l’âge de ma fille (16 mois), ça faisait LONGTEMPS qu’il avait coupé le biberon à son enfant. Qu’il ne lui donnait même plus de lait au moment du dodo, peu importe le contenant. J’ai comme eu un petit moment de panique intérieure en réalisant que je n’avais plus le temps de lire quoi que ce soit. Je n’ai aucune idée d’à quel âge je devrais couper le biberon à ma fille. Pis tu sais quoi ? Je m’en fous un peu. Une petite dose de lâcher-prise, des fois, ça fait pas de tort à personne.

9- L’allaitement

L’allaitement, tout le monde trouve ça MERVEILLEUX la première année. Mais après le retour au travail, si tu continues, tu récoltes quelques regards de biais. Lorsque Mademoiselle C. est entrée à la garderie, je trouvais que ça lui faisait beaucoup de nouveauté, beaucoup de changements auxquels s’adapter. J’ai jugé que lui couper complètement l’allaitement au même moment, ça ajoutait à la brutalité de l’affaire. Je me suis dit que j’allais poursuivre quelques semaines. Mais voilà, en cours de route, je n’ai pas vu de bonne raison d’arrêter. Je ne fais pas partie de ces illuminées qui font les manchettes, un enfant de six ans pendu au sein, mais j’aimerais me rendre à 18 mois, histoire de continuer à lui partager mes anticorps, en attendant qu’elle ait reçu tous ses vaccins. Ma fille a présentement 16 mois. Je l’allaite encore, soir et matin. C’est un beau moment et ça l’apaise.

T’sais, y’a que du positif là-dedans : 1- Je sens le lait, alors tous les bébés des autres m’adorent. 2- J’ai le sein plus guilleret au quotidien (j’anticipe un peu l’après). 3- Y’a plus de vin pour toi au bureau, le jeudi, parce que je ne m’alcoolise le sang que plus tard, chez moi, quand ma fille est couchée. Penses-y. Pis arrête de me juger, OK ?

10- Le sport

J’ai toujours été sportive. Jamais eu besoin de me forcer : je suis une coureuse. Ça fait partie de qui je suis. Même pendant la grossesse, je joggais au moins trois fois par semaine. Sauf que maintenant, je ne peux plus partir du bureau, espadrilles aux pieds et faire un petit 10K en direction de la maison pour rentrer souper avec mon homme tout en évitant le métro. Je vais manquer ma fille. Le matin, même chose (et de toute façon, je n’ai jamais été une sportive du matin. Je suis pâteuse, le matin). Ça fait que les plages horaires potentielles pour faire du sport se font plus rares qu’avant. Le week-end, ça va, on se relaie, l’Homme et moi. On y va chacun notre tour. Mais en semaine, lorsque ma fille se couche, à 19h00, c’est le moment pour nous de souper. Impossible d’aller courir immédiatement après un repas. J’y vais donc le midi, avant de luncher devant mon ordinateur. C’est la solution que j’ai trouvée. Sauf que ces temps-ci, au boulot, c’est plus rock’n’roll. Le midi n’est plus une plage horaire qui m’appartient. Résultat : j’ai participé au demi-marathon de Montréal, dimanche dernier, et ça faisait deux mois que mon entraînement préparatoire était un peu n’importe quoi… En 2013, j’avais couru le demi enceinte et ça avait été plus facile que cette année…

Alors oui, les poussettes jogging, oui, prendre du temps pour soi, mais quand le moment propice (t’as mangé, bébé est couché, t’as pris tes courriels urgents et abattu le boulot qui n’avait pu rentrer dans ton 9 à 5) arrive à 22h00, ben t’es crevée et t’as plus de plaisir à enfiler tes espadrilles. Ici aussi, un peu de lâcher-prise pourrait t’être utile. Ça ou deux petites lumières qui flashent pour aller courir dans le noir sans te faire frapper. C’est beau, le parc Laurier, un mardi soir, à 22h30… Oui, le petit point vert et le petit point rouge qui flashent, c’est moi. Je cours moins vite qu’avant, hein ? Ne me le fais surtout pas remarquer, ça se pourrait que je pleure. J’suis fatiguée (je cours au lieu de dormir). Pis SPM (oui, mes règles sont revenues y’a longtemps, même si j’allaite encore, cawlisse).

Tout ça pour dire que les mots « conciliation travail-famille » sont plus lourds de questions et de sens que je pensais. Ils contiennent des paragraphes en petits caractères, ces trois mots-là. T’sais, on est allées à l’école, nous, on a eu nos enfants tard parce que c’était pas le temps pour ça : c’était le temps de se bâtir une carrière à la hauteur de nos ambitions. On nous a dit que ça se pouvait, de tout avoir ; qu’il fallait juste faire les choses lentement, dans le bon ordre.

J’ai tout. Et je suis heureuse. Mais siiiii fatiguée.

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Ton meilleur ami (pour combattre la tache)

Ma fille :

1- Adore cacher des fraises et/ou des poivrons rouges sous ses cuisses pendant les repas. Surtout lorsque je l’ai habillée en pâle.

2- Teste fréquemment le volume maximal de nourriture qui peut entrer dans sa bouche. On ne sait jamais : peut-être que ça a agrandi, cette bouche-là, depuis la dernière fois ? Pour s’en assurer, elle utilise une technique aussi simple qu’efficace : enfourner des morceaux jusqu’à ce que ça ne rentre plus. Ensuite, le test étant fait, elle recrache le tout sur sa poitrine.

3- Démontre déjà des aptitudes au métier de coiffeuse. Lorsqu’elle mange du yogourt ou de la purée d’avocat, elle ne peut empêcher son talent précoce de s’exprimer et se sculpte de belles houppettes de coq. Tenez-vous le pour dit : dans le registre des fixatifs, le yogourt et l’avocat, c’est de la « tenue maxi-ferme ».

4- Tombe souvent. Surtout lorsqu’elle est fatiguée. Ou trop excitée. Ou distraite. Ou juste normale. Ses genoux voient plus souvent le sol que ceux du plus pratiquant des Chrétiens. Les genoux de ses pantalons aussi, par la même occasion.

5- Aime les flaques d’eau pour l’infinité de possibilités qu’elles présentent : sauter dedans à pieds joints, se pencher et taper l’eau de ses mains, s’asseoir dedans, y lancer son chapeau, etc, etc, etc. Des heures de plaisir à chaque averse.

6- Surprend parfois sa couche. Eh oui ! Dans sa relation avec sa couche, Mademoiselle C. souhaite conserver du piquant et c’est pourquoi elle s’assure de surprendre celle-ci de temps à autres en variant quantité et texture. Un petit débordement, ça te bouscule la platitude du quotidien, ça, madame !

Pour toutes ces raisons (et plusieurs autres), j’ai dû développer de nouveaux skills. Des skills de Super Mom invincible. Et mon superpouvoir (en plus de produire magiquement du lait), c’est de combattre l’ennemi. L’ennemi étant…

La Tache.

De gazon, de caca, de vomi, de bouette, de fraise, de sang, de brun-non-identifié ou de cantaloup-trop-juteux-qui-coule-tout-le-temps-sur-bébé. Rien n’est à mon épreuve.

Et t’es chanceuse, aujourd’hui, je vais te partager mon truc à toute épreuve. Entres Combattantes de la Tache et Grandes Sauveuses du Gaminet, faut s’entraider.

Le nombre de vêtements que tu vas éviter de jeter et pouvoir repasser à ton deuxième enfant, j’te dis pas ! Tu vas sauver plein d’argent. Et ton enfant n’aura plus perpétuellement l’air d’un membre à part entière de la famille Lavigueur. Ne me remercie pas. Envoie juste un chèque.😉

Sérieusement, c’est très simple. Tu ne t’en es pas encore rendu compte, mais tu as un nouveau meilleur ami depuis que tu es mère. Non, non, je ne parle pas de Caillou. Ni de ces freaks-là :

Canada's DHX Media (TSX:DHX) today acquired Teletubbies, In the Night Garden and 10 other children's series with the purchase of the UK's Ragdoll Worldwide Ltd. for approximately $28.4-million CAD. Teletubbies characters shown: Dipsy (green), Tinky Winky (purple), Laa-Laa (yellow), and Po (red), and Noo Noo, their vacuum cleaner. (CNW Group/DHX MEDIA LTD.)

L’ami dont je te parle est un peu creepy; il attend dans l’ombre, adore se cacher dans un coin sombre de ta salle de lavage et aime que tu le frottes avec ardeur. J’ai nommé Oxy Clean (Ox pour les intimes, pis on est rendus ben ben intimes à force de se côtoyer, lui pis moi).

Ton ami Ox se présente sous la forme d’une poudre blanche et son petit frère est un spray. Faut pas le juger. C’est pas un choix, il est né comme ça. Tu les veux tous les deux dans ta vie, je t’assure.

Comme dans toute relation d’amitié véritable, Ox, Ox-Spray et toi, vous allez passer du temps de qualité ensemble et vous entraider. Mais comme dans toute relation d’amitié véritable, y’en aura toujours un qui aura plus besoin de l’autre, qui abusera un peu de la relation. Ça, c’est toi. Tu vas même un peu « les utiliser ». C’est correct. Ils sont habitués.

Voici donc ton kit de combattante du pas-propre :

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Et voici le mode d’emploi pour gagner ce combat :

1- Pogne-toi un beau gros bol de plastique. Perso, les contenants de 2 litres de crème glacée Coaticook (dont mon chum renouvelle les stocks régulièrement) me semblent idéals.

2- Mets un peu de détergent à lessive dedans et remplis-le d’eau aux trois-quarts. Brasse tout ça.

3- Saisis le morceau de linge incriminant et attaque la tache à l’aide d’Oxy Clean en spray.

4- Une fois la tache mouillée, saupoudre-la d’Oxy Clean en poudre.

5- Saisis la brosse à dents fermement, pis frotte. Tu peux remettre autant de spray et de poudre que tu le juges nécessaire. Trempe aussi ta brosse à dents dans l’eau avec lessive de temps en temps, pour faire mousser tout ça.

6- Quand tu juges que t’as donné ton maximum (ou avant de pogner une tendinite), mets le vêtement dans l’eau savonneuse et oublie-le là quelques jours (au moins deux, disons). Si en cuisine, le secret est dans la sauce, en détachage, le secret est dans le trempage.

7- Ajoute ce vêtement à ta prochaine brassée. Il devrait ressortir aussi pimpant et éclatant que Marilou Wolfe.

Je te jure : j’ai déjà réussi à détacher un t-shirt offert par une amie dont la fille a cinq ans de plus. On parle donc d’une tache vieille de cinq que mon amie avait jugée impossible à enlever ! Believe.

Par contre, ta salle de lavage risque de ressembler souvent à ça :

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Va donc falloir que toi ou quelqu’un de ton entourage mange beaucoup de crème glacée Coaticook. Si t’as une amie en peine d’amour, c’est l’occasion de tirer du positif de son épreuve. Salut, là.

Retour au boulot et entrée en garderie : conciliation ou aliénation ?

Mademoiselle C. aime le monde. Presqu’autant que la vieille madame qui a l’air de vivre chez Jean Coutu tellement elle est tout le temps là et qui me raconte sa vie chaque fois que j’ai le malheur de croiser son regard avant de passer à la caisse. Sérieux, en plein hiver, elle arpente les allées, armée de sa marchette, sans manteau ! C’est moi qui en ai manqué une ou y’a pas ça, un vestiaire, chez Jean Coutu ? C’est comme si elle habitait VRAIMENT là… Mais je m’égare. Bref, Mademoiselle C. est sociable. Elle et moi, pendant le congé de maternité, en plus d’aller chez Jean Coutu souvent, on prenait des cours de sport maman-bébé au Centre Claude-Robillard. Dès que je lui enlevais son manteau, ma fille filait vers les autres bambins, agitant son petit popotin dans tous les sens. JAMAIS elle ne regardait derrière pour voir si j’étais toujours là. Trop occupée à A) voler le jouet d’un autre enfant (toujours nettement plus intéressant que les siens) B) essayer de boire le biberon d’un autre enfant C) s’emparer de la bouteille d’eau d’une autre maman ou D) tenter de soulever un haltère de cinq livres pour se le mettre en bouche et/ou se l’échapper sur un pied, elle se fichait royalement de moi. Ça me donnait la chance de faire la planche/des squats/des jumbo jacks, bref de tester mon périnée en toute liberté, pendant qu’une autre maman essuyait la bave mademoisellecéenne sur son haltère. *rire machiavélique*

Tout ça pour dire que dans ma tête, l’entrée en garderie, ça allait être un pet. Je m’imaginais déposer ma fille avec les autres poupons et tenter de lui faire des « babye » émus pendant qu’elle se crisserait de moi, déjà amourachée d’un petit Arnaud, d’un mini-Léo ou d’un mignon Louis.

Ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça. Ohhhhh que nenni.

Dé. Chi. Rant.

La première journée, je ne l’y ai laissée qu’une heure. Anna braillé ène shot, comme dirait George Dor. Les jours 2 et 3, elle est restée une heure et demie. Quand je reprenais mon bébé, il sentait fort le parfum de son éducatrice. Olfactivement perspicace que je suis, j’ai vite compris que Mademoiselle C. passait pas mal tout son temps dans les bras de la gentille dame, qui me disait, à mon retour, qu’elle avait pleuré et s’était calmé en alternance, qui insistait sur le fait que c’était normal. Normal ou pas, après trois jours, j’ai réalisé que ça prendrait du temps. Et que cette semaine-là, une des DEUX semaines que j’avais prévues pour lui permettre de s’adapter, n’avait que trois jours. C’était Pâques. Fuck. J’ai appelé au boulot et pris mes jours de vacances accumulés. Une semaine de plus pour la pas-si-indépendante-Mademoiselle-C.

Celle-ci vivait de l’insécurité. Clairement. La jolie peluche qui avait toujours servi à l’endormir faisait maintenant partie intégrante de son bras. Plus possible de la lui enlever, ni à la garderie, ni à la maison. Une journée, l’éducatrice s’est excusée de me la rendre toute tachée de sauce tomate.

« Elle n’a VRAIMENT pas voulu la lâcher… »

Autre signe de la période trouble qu’elle vivait : Mademoiselle C. est entrée dans une INTENSE phase « maman ». Tout à coup, papa n’était plus un équivalent acceptable.  Accrochée à ma jambe, à mon cou, à mes cheveux, on aurait dit qu’elle voulait re-rentrer à l’intérieur de moi. Ses « ma-ma-man-man » sont devenus plus clairs que jamais, impérieux : MAMAN !

Puis, comble du bonheur, les célébrissimes microbes de garderie ont commencé à faire leur oeuvre. Après 9 jours dans la place à temps plus-que-partiel, ma fille avait une otite, faisait 39.7 de fièvre, morvait sa vie et se réveillait 8 fois par nuit en hurlant de douleur. Évidemment, l’Homme et moi, on l’a pognée, la cochonnerie. Mon médecin m’a annoncé, d’un ton doucereux, que la première année en garderie, statistiquement, c’était 60 jours d’absentéisme pour les parents. WHAT ?!!? « Il faut avoir un réseau » a-t-elle ajouté. « Peu de gens peuvent manquer autant de jours de travail… » À qui le dis-tu ?

Armés d’eau saline faite maison, d’antibiotiques, d’ibuprofène et de cernes spectaculaires, on a baissé la tête et on est passés au travers. Reste que durant ces journées « pour l’habituer », ma fille n’était pas au sommet de sa forme. Elle qui ne faisait plus qu’une sieste par jour s’est remise à en faire deux. Elle n’a pratiquement rien mangé pendant 10 jours. Heureusement, je l’allaitais encore…

Après ces débuts cahoteux, j’ai recommencé le boulot. Pas au sommet de ma forme, moi non plus, tu devines. Ça fait 4 jours. Ça va bien. Mademoiselle C. s’habitue tranquillement à sa nouvelle vie. Nous aussi.

Tout le monde y arrive ; on va y arriver aussi, hein.

Reste qu’à force de discuter avec d’autres mères, d’observer leur réalité et la mienne, toute neuve, je réfléchis beaucoup ces jours-ci. Je fais des constats plutôt navrants sur la conciliation travail-famille. Me semble qu’on est loin de la bonne nouvelle TVA. On se targue, au Québec, d’être bons, là-dedans, la conciliation. Basé sur quoi ? Sur le nombre de mères qui travaillent ? Sur la capacité de nos politiciens à ploguer le mot à tout bout de champ ? Ce que les statistiques ne disent pas, c’est la fatigue, la sensation de toujours courir après le temps, l’impression de devoir s’investir partout aux trois-quarts plutôt qu’à 100 % et SURTOUT le peu de temps qu’il reste à un parent avec son enfant dans cette belle « conciliation ».

Je viens de comprendre l’obsession du temps de qualité : faute de quantité, faut miser sur autre chose, n’est-ce pas ?

À 19h00 pile chaque soir, ma fille dort. Avec l’épuisement de la garderie, ces temps-ci, ça descend parfois à 18h45. Ça me rentre difficilement dans la tête que, si tout va bien, si je pars vraiment à 17h00 du boulot, que je ne fais pas une seule minute d’overtime et qu’aucun meeting ne s’étire, je verrai ma fille, au mieux, une heure et demie chaque soir. Une heure et demie où elle doit prendre son repas (longuement, un petit pois à la fois) et son bain, être mise en pyjama à motifs d’animaux, être allaitée et bordée; une heure et demie où elle n’est plus au sommet de sa forme, où elle se fait souvent chigneuse, irritable… Et le matin, on n’en parle même pas ! L’habiller, m’habiller, la nourrir (lire : trouver l’item sur 10 qu’elle acceptera de manger ce jour-là), faire mon lunch, me coiffer, me maquiller, préparer son lait, ses vêtements de rechange, etc. Le mot d’ordre : efficacité. Il faut que tout le monde arrive au bon endroit à l’heure, idéalement avec deux souliers pareils.

Je sais que pour tous ceux qui ont déjà des enfants, je ne dis rien de bien nouveau. À la limite, vous me trouvez cute dans ma découverte naïve de ce qu’est la vie en 2015. Mais moi, avant, je jugeais les parents toujours pressés de se pousser du boulot. Je les trouvais limite paresseux. Leurs enfants m’apparaissaient comme un prétexte. Dans l’industrie de la publicité comme dans bien d’autres milieux, on finit souvent tard. Il est mal vu de compter ses heures ou de protester contre un meeting request à 17h00. Heureusement, j’ai la chance de travailler dans une boîte qui respecte la qualité de vie de ses employés. Mais n’est-ce pas étrangement malsain que cette caractéristique de mon agence soit vue comme exceptionnelle dans toute l’industrie ? Que mes amies d’autres agences quittent toutes vers 19h00 avec du boulot à faire chez elles après le souper ?

Dis-moi qu’à 20 ans, c’est de ça que tu rêvais en échappant du Kraft Dinner dans tes manuels d’université ?

Tout ça pour dire que c’est là que ça me frappe : la conciliation travail-famille, c’est faire des enfants et laisser quelqu’un d’autre les élever, la majeure partie du temps. Quelqu’un d’une culture différente, peut-être, quelqu’un de moins scolarisé que toi qui sera payé moins cher pour s’occuper de TON enfant, afin que tu puisses travailler. Ça fesse.

Loin de moi l’idée de vouloir ramener les femmes, ou moi-même, à la maison. J’adore mon boulot. Je trouvais le temps long, parfois, durant mon congé de maternité. Je trouve simplement le ratio temps avec une autre personne vs temps avec ses parents de ma fille ahurissant. Je trouve que ce que l’on appelle « conciliation » est loin d’être un concept parfait et achevé.

Autour de moi, on me parle aussi de ce qui m’attend, des week-ends où il faut rattraper tout ce temps perdu en temps de qualité, des dimanches passés à cuisiner les repas de la semaine entière pour pouvoir souffler un peu durant les cinq jours suivants…

C’est pour ça que vous vous êtes battues, féministes d’antan ? Je pose la question et je trouve qu’elle mérite d’être posée. Est-ce que, dans une volonté de permettre aux femmes de sortir de la maison, de leur offrir un choix, on ne leur a pas plutôt dessiné une vie marquée par l’absence de choix où elles ont juste l’obligation de tout faire ?

Faque c’est ça ; ma fille est entrée à la garderie.

Ça brasse toutes sortes d’affaires.

« C’est normal », qu’elle dit, l’éducatrice à la garderie.

En voyage à 3 pour la première fois

Avant de devenir mère, j’avais ma petite façon de voyager, perfectionnée au fil de mes pérégrinations à travers le monde : Costa Rica, Chili, Argentine, Mexique, Namibie, Botswana, Afrique du Sud, Jordanie, Israël, Turquie, Philippines, Maroc, Inde et j’en passe.  Je m’étais promenée pas mal, et pas en me prenant pour Kate Middleton, laisse-moi te le dire. Des hébergements crades, j’en ai fréquenté quelques-uns, il y a eu beaucoup de vomi dans des toilettes turques sans papier, beaucoup de tites pilules anti-malaria qui rendent l’humeur exécrable, beaucoup de douches froides à la tasse en se fermant la bouche hermétiquement et un nombre incalculable de lézards criards sur mes murs de chambre. J’ai déjà écrasé un scorpion avec mon pneu de char devant ma tente. Oui, oui, je campais dans la savane africaine. Ça fait que je me considère comme un vraie voyageuse. Alors quand on s’imaginait, l’Homme et moi, avec un bébé, on s’imaginait aussi à trois ailleurs que dans Villeray. Durant la grossesse, on parlait du Vietnam, du Cambodge, de Madagascar…

Finalement, on est allés en Martinique et en Guadeloupe.

Méchante drop.

Sur une échelle de 1 à « je rêve d’aller là », la Martinique et la Guadeloupe auraient autrefois scoré un 3. Un 4, si tu m’avais posé la question au mois de février.

Surtout qu’on partait presque tout un mois. C’est pas le genre de destination où tu pars 30 jours, quand t’es le genre backpack/petit budget/en quête d’aventure. Disons que la grosse majorité des touristes de ces superbes îles sont des Français retraités. Ça te brosse le portrait. 1- Ils sont Français. 2- Ils sont vieux. Conclusion : ils parlent non-stop, sans respirer, sans ponctuer, sans se soucier de voir si tu t’es endormi il y a une demi-heure. Plus verbomoteurs que Louis-José Houde accouplé avec Christiane Charette (prière de ne pas imaginer l’acte menant à ce croisement). On est loin du calage de shooters avec des dudes amateurs de surf sur une plage reculée de Bohol. Ajoute à ça le fait que tout se passe en Euros et ton petit budget de sympathique Canadienne en congé de maternité en prend pour son rhume.

Arrivée ici dans le texte, tu te dis : « Mais pourquoi diable ont-ils choisi d’aller là, alors ? ». La vérité, c’est qu’on a réfléchi longtemps. On avait des amis qui partaient avec un bébé plus jeune vers la Nouvelle-Zélande. Or, notre bébé à nous est pas mal moins tranquille que le leur (euphémisme). Six heures de vol vers Vancouver + quatorze heures vers Auckland ? 17 heures de décalage horaire ? Non merci. Je n’avais pas mis autant d’efforts sur le sommeil de ma fille pour me retrouver à faire des coucous de 2:00 à 5:00 AM à un bébé jetlag. Nous nous sommes donc mis à avoir quelques critères qui ne nous auraient jamais effleuré l’esprit avant : durée du vol, nombre d’heures de décalage horaire, qualité des infrastructures de santé sur place, présence de malaria, eau potable, etc… Comprends-moi bien, je vais finir par y aller, au Vietnam, avec Mademoiselle C. J’étais juste pas sûre que c’était le premier voyage que je voulais faire avec elle. Disons qu’on a vu ce voyage-là comme un voyage-test.

L’autre point, c’est qu’on partait en février. Pas la bonne saison pour plusieurs des destinations qui nous tentaient et qui répondaient à nos critères, comme le Portugal ou la Croatie, par exemple.

On est donc partis en Martinique et en Guadeloupe. C’est magnifique. C’est chaud. Et ça fait du bien pas à peu près quand il fait – 30 degrés pendant des semaines et que tu n’oses plus sortir de la maison avec ton enfant (on se rappelle que février a été nommé « mois le plus froid du siècle » cette année). On n’en demandait pas plus de cette première expérience. On s’est regardés dans le blanc des yeux et on s’est dit qu’on transporterait notre quotidien au soleil. That’s it, that’s all.

Oui, on a mesuré à maintes et maintes reprises le gap qui nous séparait de nos voyages d’avant, non, on n’a pas mangé au resto souvent et non, on n’est pas revenus aussi reposés qu’on l’aurait été à deux. Mais ça a été une expérience formidable. Notre fille, libérée de l’encombrant habit de neige qui fait d’elle une étoile toute pognée, a progressé vitesse Grand V. Elle a bouffé du sable, des coquillages et du linge pas propre, trouvé dans le zipper mal fermé d’une valise pendant un moment d’inattention parentale. Elle a dû s’habituer au chapeau et au moustiquaire sur son lit. Elle s’est fait enduire de litres d’écran solaire, s’est baignée dans la mer et a percé sa première dent. Surtout, elle a passé du temps de qualité avec ses deux parents qui, enfin, n’avaient que ça à faire, être là pour elle.

Pendant 23 jours, elle s’est fait affectueusement appeler « doudoune » (prononcer avec l’accent créole) par toutes les grosses madames martiniquaises et elle a mangé du poisson frais pêché, acheté sur les quais. Pas mal, quand même, quand on n’a que 9 mois.

Alors n’hésite pas : pars. Oui il y aura des écueils, des nuits difficiles et des situations que tu n’aurais pas eu à gérer à la maison, mais ça vaut le coup. Et en espérant que ça te soit utile, je te partage quelques-uns de nos constats sur le voyage avec un bébé.

1- Tu ne voyageras pas léger, mais évite le superflu

Sérieusement, l’Homme et moi avions toujours la même affaire sur le dos et pourtant, nous n’étions jamais partis avec autant de stock. Un bébé, ça vient avec son matos. Prévoir plus qu’une heure la veille du départ pour faire les valises. Mon conseil : apporte moins de vêtements et une petite bouteille de détergent à lessive. Et avant de tout emporter avec toi, informe-toi sur les équipements disponibles dans tes hébergements (s’ils sont réservés d’avance). Je m’apprêtais à acheter un lit bébé de voyage quand j’ai découvert que les cinq hébergements réservés l’offraient sans frais. Les chaises hautes n’étaient pas rares non plus.

2- Fais-toi à l’idée : tu vas passer beaucoup de temps dans ton hébergement

Si d’habitude celui-ci ne te servait qu’à dormir quelques heures dans un état de légère ébriété, là, tu vas faire connaissance avec en long et en large. Je te recommande, plutôt qu’une chambre, un petit appartement avec cuisinette où tu peux continuer à vivre lorsque bébé est couché, où tu peux te faire à souper et bouffer tranquille sur la terrasse. Parce que sur 23 jours, demande-moi combien de soupers j’ai pris au resto. Zéro. Il aurait fallu prendre la voiture, endormir la petite dans sa poussette, la remettre dans la voiture… On a préféré passer souvent par le port de pêche et se cuisiner poisson et langoustes à la maison. Côté budget, c’est pas une mauvaise chose. Ah oui, la clim, avec bébé, c’est pas négociable. Notre premier hébergement portait la mention « agréable ventilation naturelle ». Criss…

3- Installe-toi plus longtemps à chaque endroit… mais pas trop

Ça, ça veut dire « reste plus qu’un ou deux jours à la même place, mais pas huit, mettons ». Avant, nous bougions pratiquement chaque jour en voyage. Une nuit, maximum deux, au même endroit et puis hop ! Puisque nous avions établi qu’avec Mademoiselle C., il serait préférable de nous installer plus longuement à chaque endroit, nous avions plutôt prévu 5 hébergements sur 23 jours. Sauf que l’hébergement 1 et l’hébergement 4 comptaient respectivement 8 et 7 nuits. Trop long. En tout cas, pour nous qui étions habitués à plus de changements de décor. Surtout considérant qu’avec un bébé, tu le vois déjà beaucoup, ton décor. Pour nous, la première nuit à chaque hébergement était difficile. Mademoiselle C. devait s’adapter au nouveau décor, aux nouvelles odeurs… Elle se réveillait beaucoup, la première nuit. Dès la deuxième, ça allait mieux. D’où la nécessité de ne pas changer d’appart aux deux jours. Mais j’avoue qu’après huit jours, la vue avait beau être à couper le souffle, l’appart avait beau être coquet, j’avais comme fait le tour de mon extase pour les bananiers et les hibiscus environnants.

4- Tu ne feras peut-être pas autant l’amour que tu pensais

Vacances = sexe tous les jours, non ? Naaaonh. Quand tu as réservé un appart sans clim, que le moindre bout de peau devient un buffet Mandarin pour moustiques possiblement porteurs de Dengue et de Chikungunya, que tu t’es pratiquement baignée dans le répulsif à indice de DEET élevé, que tu as du sable plein la craque de fesses et que ton enfant dort d’un sommeil supra-léger dans la même chambre que toi, ça se peut que tu kamasutres moins que prévu. Pars avec des attentes raisonnables. Tu risques moins d’être déçue.

5- Fais quelques achats judicieux avant le départ

Avec un bébé, tu ne peux pas te permettre d’arriver dans un autre pays et de commencer, au sortir de l’avion, à chercher un magasin, une épicerie ou autre. Ta marge de manoeuvre est plus limitée. L’Homme et moi avions emporté des céréales, des biscuits, des soufflés et tout un tas de ce genre de petites pochettes de purée :

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Ben pratique. Ça nous a dépannés souvent.

Sinon, nous avions emporté avec nous :

– Un coussin d’allaitement gonflable

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– Une baignoire gonflable

La plupart des hébergements, à moins de voyager dans un certain luxe, n’offrent qu’une douche. Le petit bain gonflable a servi TOUS les jours. Même que Mademoiselle C. aimait jouer dans le bain vide, parfois, durant la journée. Et on va se le dire : prendre son bain dans le jardin, au milieu des palmiers, c’est quand même pas pire.

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– Une tente Peapod Plus de KidCo

Ça, vraiment, on s’en est félicité plus d’une fois. À la plage, c’était le seul moyen de permettre à Mademoiselle C. de jouer en paix, à l’ombre, sans qu’elle ne se retrouve recouverte de sable de la tête aux pieds en passant par l’oesophage. Une fois repliée dans son sac, la tente a la taille d’un disque vinyle environ et l’épaisseur d’une balle de tennis. C’est léger, facile à transporter et, selon le tempérament de votre enfant, ça peut aussi lui servir de lit pour les siestes ou même la nuit. Dans le cas de l’énergique Mademoiselle C., la tente n’a été qu’une aire de jeux, mais j’ai vu d’autres enfants dormir dedans, à la plage. Un must, quant à moi.

PS : C’est pas moi, la p’tite dame quétaine au chapeau de paille sur la photo.

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– Un bon porte-bébé

Nous avions un BabyBjörn Miracle, mais l’avons laissé à la maison. Trop rigide, trop chaud. Des amis nous ont prêté leur Ergobaby qui s’est révélé génial. En plus d’être mieux conçu pour les hanches de bébé, il permet de porter celui-ci sur le dos, ce qui est vraiment bien en voyage. Et bien que d’endormir bébé au sein ne soit pas une super habitude à prendre, en voyage, j’ai abandonné. La seule façon de faire faire la sieste à Mademoiselle C. hors de nos hébergements était soit dans la voiture, soit dans le porte-bébé. Je l’allaitais directement dans le porte-bébé, en toute discrétion, sur la plage, parfois en marchant, même, et elle s’endormait là, collée contre moi. C’est pas mêlant, j’ai presque sorti plus souvent mes seins que les Françaises.

– Un gilet de sauvetage pour bébé

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Tu comptes explorer la mangrove en kayak ? Prendre une banca plutôt bancale ? Martin Deschamps nage mieux que toi ? La veste de sauvetage est ton amie. Et dans les simples moments de baignade où les vagues se feront un peu intenses, si tu perds pied, tu risques d’être plutôt contente d’avoir mis ton enfant là-dedans. Just sayin’.

Faut par contre que je t’avoue que ma fille a manifesté pour la veste un amour… limité.

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Finalement, en vrac :

Dans la catégorie « l’affaire qu’on aurait dû apporter avec nous »

Il y a dans chaque voyage UNE chose qui te manque. Cette chose que tu regrettes de ne pas avoir apportée et qui aurait été siiiii utile. Dans notre cas, ça a été un coussin de cou pour bébé. Les sièges auto locaux étaient très très verticaux, comparés au nôtre. Quand Mademoiselle C. s’endormait dedans, elle se ramassait avec le cou cassé, la tête sur ses genoux. Genre ça, mais en pire :

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J’ai aussi découvert ce truc par la suite. Le soleil est aussi un enjeu durant les siestes en voiture. N’ayant pas apporté de pare-soleil avec moi, j’ai utilisé l’auvent de la poussette tout au long du voyage. En me trouvant super ingénieuse, je l’avoue.

Dans la catégorie « ça, on aurait pu le laisser à la maison »

Tu sais, l’os*&?$% de chapeau de fausse paille pas pliable que tu trouvais TELLEMENT cute sur la tête de ton bébé ? C’est non. Tu devras le trimballer partout dans tes mains et dans mon cas, c’est la seule partie d’un corps qui ait porté ce satané chapeau. Mademoiselle C. n’a jamais voulu de ce truc sur sa tête.

Et finalement, dans la catégorie « apporte moins de linge pour pouvoir rapporter plus de ça »

Le Punch Banane de Damoiseau. Mmmmmm. On a vidé la moitié d’une bouteille en une soirée, au retour. Damn. Si tu vas en Guadeloupe, pense à moi.

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Habiter dans petit avec un p’tit

Je vois dans l’Homo Quebecus trois grandes races distinctes. Les urbains, les banlieusards et les campagnards. Bon, on pourrait sans doute ajouter quelques sous-catégories pour inclure les ermites ou les nomades, mais, par nature, ils ne souhaitent pas tant que ça être inclus. Certains trouveront que j’exagère, qu’il s’agit juste « d’où tu vis » et non pas de ce que tu es. Or, pour moi, chacun de ces espaces de vie distinct vient avec un mode de vie qui lui est propre. Ton rapport à la collectivité est forcément différent si tu partages ton transport, ton parc, ta piste cyclable et ton odeur de fin de journée dans le bus avec des dizaine d’autres personnes plutôt que d’en avoir la pleine jouissance en solo la plupart du temps.

Née dans un village, je suis pourtant, à l’âge adulte, de ceux qui se réclament d’aimer la ville d’un amour indéfectible, de ceux qui jubilent à l’idée de pouvoir faire toutes leurs courses à pied, qui se vantent d’acheter leurs livres dans une librairie de quartier, qui aiment l’idée que la piscine et le gazon constituent un bien commun. Je sais que le mode de vie banlieusard est pour certains un Eldorado, un rêve, l’accomplissement (matériel) d’une vie. Or, il y a aussi en banlieue tout un tas de résignés, de banlieusards par dépit. Parce que de tous ceux qui, comme moi, jurent la main sur le coeur qu’ils ne troqueront JAMAIS la ville pour la banlieue, un très grand nombre, pourtant, finiront par s’y installer à contre-coeur. Pas parce qu’ils se meurent d’envie d’être de Terrebonne humeur, mais bien souvent parce que, la famille s’agrandissant, ils ont besoin de plus d’espace, espace qui, en ville, coûte un bras, une jambe, un rein pis tes REER.

L’Homme et moi avons acheté, il y a cinq ans, un appartement au rez-de-chaussée dans Villeray. Quelque chose de beau. Un ancien garage de mécanique automobile reconverti en condo dans lequel le chain-block original trône toujours (calmez-vous, fans de Fifty Shades). Les planchers de béton verni me permettent de marcher en talons hauts si ça me chante (parce que j’aime pas ça, moi, recevoir « en pieds de bas ». Je trouve que de te voir siroter ton Champagne en chaussettes dans mon salon, ça gâche le prestige du drink en ta, bon). Y’a même un magazine de déco qui est venu faire quelques photos. La maison est située sur un coin de rue et trois portes de garage vitrées fenestrent les deux côtés. C’est lumineux, chez nous. La terrasse en L qui entoure notre appartement est belle et, quand les gars de la ville ne conduisent pas leurs chenillettes comme certains chanteurs leur auto dans la piste cyclable, notre intimité est protégée par une haie de cèdres de quelques deux mètres de haut. Bref, on tripe sur notre espace depuis le tout début. On a fait ici des partys mémorables et, quand on revient de voyage, c’est avec des yeux d’enfants qu’on redécouvre notre maison, qu’on retombe en amour avec.

Mais voilà, notre chez-nous fait 1000 pieds carrés.

C’est correct. À Paris ou à New York, ce serait considéré comme vaste. Y’aurait de l’écho. Même à Montréal où les contracteurs se lancent à qui mieux-mieux dans le 600 pieds carrés, c’est pas pire. À deux, on trouvait ça amplement suffisant. On avait un bureau. C’est là que j’écrivais mes romans. On avait aussi, comme pas mal tout le monde, une petite pièce à l’arrière où, en plus de la laveuse et de la sécheuse, on empilait tout ce qui n’avait pas d’affaire ailleurs. On savait que pour le même prix, en banlieue, on aurait eu une grosse cabane, une piscine pis des petits pots avec du faux gazon dedans sur le bord de la fenêtre de la cuisine (pourquoi tout le monde a ça, donc ?). On s’en foutait.

C’est là qu’est arrivée dans nos vies une troisième petite personne.

Oh, elle est vraiment très petite, on ne peut pas dire qu’elle prenne beaucoup de place elle-même, malgré ses giga-cuisses de bonhomme Michelin. C’est juste qu’elle vient avec un shitload de stock, cette petite personne. Et qu’elle a besoin d’une chambre où dormir. Bye bye bureau.

Sérieusement, si tu n’as pas d’enfant, tu ne peux pas imaginer à quel point ça vient avec du stock. Même si tu te la joues simplicité volontaire sur les bords, ça va quand même te prendre une poussette, au minimum. C’est assez de base. Mais quand tu n’as pas de garage, tu la mets où, ta belle Bugaboo qui coûte elle aussi un rein ? Dans ta maison. Ou, au mieux, attachée dehors avec une housse durant l’été. L’hiver, penses-y même pas. Et ça, c’est UN item. Un sur à peu près 376.

Il était hors de question de déménager. Il a fallu être créatifs.

Je suis alors devenue, à force de recherches internet, la pro des solutions pour petits espaces. Premier constat : les designers se sont penchés là-dessus et ont créé plein de belles choses… en vente partout en Europe. Au Canada, s’il y a bien une chose dont on ne manque pas, c’est d’espace. Ils n’ont pas dû voir là une grosse occasion d’affaires. Tsé la phrase qui parle de vendre un frigidaire à des Esquimaux ? Même combat. Ça fait qu’il faut être débrouillard pas mal pour dénicher, depuis Montréal, les items qui vont empêcher ton bel espace de devenir un colourful dépotoir.

ÉTAPE 1 : LE GRAND MÉNAGE

Évidemment, le premier step, c’est de te débarrasser de TOUT ce qui est inutile ou utile une fois aux 3 ans. Non, tu ne reporteras pas cette salopette en jeans blanc à pattes d’éléphant. Out. Sois honnête, as-tu déjà utilisé ton AbRoller au cours des cinq, voire dix, dernières années ? Out. Et ton chevalet ? Tu n’as pas peint le moindre bout de toile depuis le cégep, ta peinture a séché et tes fusains sont tous blancs parce qu’ils sont secs-secs-secs. Tu vas en prendre un entre tes doigts et il va se désintégrer live. Out. Avertissement : argumentations à prévoir. Toi et ton amoureux risquez de ne pas toujours être d’accord sur le caractère important, précieux ou essentiel de chaque objet. L’Homme ne comprenait pas que je tienne à mes CD de François Pérusse ou à ma collections de VHS de Walt Disney. Moi, je regardais de biais son brûleur à encens laitte en bois. Prévois du temps. Et du vin.

ÉTAPE 2 : RÉORGANISATION DE L’ESPACE

Après cette étape cruciale du grand ménage, tu prépares ton espace. C’est là que mes spectaculaires skills de recherche internet sont entrés en jeu. Quelques trouvailles en particulier ont fait toute la différence.

En première position : le lit-coffre. C’est un lit qui s’ouvre, révélant, en dessous, un espace de rangement. En gros, ça ressemble à ça :

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Quand on doit vider un bureau et qu’on n’a pas de sous-sol où entreposer son contenu, ni de garde-robe vide qui n’attendait que ça, vivre la joie incommensurable d’être rempli, il faut créer des espaces de rangement. Justement, en-dessous de toi, quand tu dors, y’en a plein ! De notre côté, on a opté pour un lit fabriqué à Montréal par la compagnie Fornirama, en vente chez Loft Déco, sur le boulevard Saint-Laurent (oui, oui, on a trouvé au moins une chose à Montréal). En plus, comme c’est fait sur mesure, on a pu en faire augmenter la hauteur de quatre pouces. J’te jure qu’y’en rentre, du stock, là-dedans ! Machine à coudre, table de poker, bottes de planche à neige, valises, tabourets pliables, alouette ! On l’appelle affectueusement notre sous-sol. Démonstration, Vanna :

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En deuxième position : la table console. Va voir cette démo !

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C’est le bon vieux principe de la table à rallonges, sauf que lorsque toutes les rallonges sont enlevées, ce n’est plus une table, mais une simple console que tu peux appuyer contre un mur. L’Homme et moi, au quotidien, on mange toujours au comptoir, assis sur des tabourets. Une grande partie de notre espace était donc occupée par une table et des chaises… qu’on n’utilisait que lorsqu’on recevait des amis ! On s’est donc procuré une table très semblable à celle de la photo ci-haut (pas celle de Ozzio qui coûtait 5000 $, mais plutôt celle-ci. Avertissement : comme le prix, la qualité diffère de l’originale), ainsi que plusieurs exemplaires de cette chaise pliante translucide :

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Ainsi, la plupart du temps, tout est accroché au mur dans la petite pièce laveuse-sécheuse à l’arrière, mais en quelques minutes, on peut mettre la table pour une douzaine de personnes sans problème. Qu’est-ce qu’on a fait avec tout cet espace superflu ? Ceci :

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C’est l’aire de jeu de Mademoiselle C. Grâce à ce mobilier de cuisine « rétractable », on a créé une pièce de plus. Une salle de jeux, en l’occurrence. En plus, elle a une balançoire dans la maison ! J’avais déjà bidouillé une balançoire suspendue à la poutre principale, alors les anneaux étaient en place. Suffit de remplacer la balançoire traditionnelle en bois et en chaînes (calmez-vous prise 2, fans de Fifty Shades) par le siège de plastique pour bébé. Quand je cuisine, elle adore s’y balancer puisqu’elle est alors exactement à la bonne hauteur pour voir ce que je fais. Et comme tous les items bébé de la maison, ça se range facilement si on souhaite remettre l’espace en mode « adulte ».

Un autre item que j’ai envisagé, mais dont j’ai repoussé l’achat pour des questions de budget est le projecteur télé. Quand on manque d’espace, ce n’est pas très logique d’occuper un mur en permanence avec la télé. Une toile qui descend du plafond avec un projecteur est nettement plus pratique. Ça permet d’utiliser ledit mur pour une bibliothèque, par exemple. À venir.🙂

ÉTAPE 3 : LES TRUCS POUR BÉBÉ, EN PRENDRE, EN LAISSER ET CHOISIR INTELLIGEMMENT

Évidemment, il y a des items incontournables (genre un lit), mais en somme, je trouve que les futures mamans achètent beaucoup trop de choses, trop vite. On est là à tout accumuler pour les deux prochaines années, comme si les magasins allaient fermer d’ici là; c’en est ridicule. Personnellement, j’avais ma poubelle à couches en décembre. J’ai accouché en mai. Et je ne l’ai pas utilisée avant septembre, parce qu’avant ça, Mademoiselle C. était exclusivement allaitée et du caca de bébé allaité, ça ne sent pratiquement rien. Une affaire de trop dans la maison pendant 9 mois. C’est un exemple parmi tant d’autres. Le bain de comptoir pour bébé ? Il m’a servi durant un ou deux mois, tout au plus. Emprunte les affaires de tes amies si tu peux, fille. C’est mon meilleur conseil.

Sinon, voici quelques objets assez cool qui économisent tes précieux pieds carrés de jeune femme urbaine :

La Lobster Chair de Phil&Teds :

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Cette chaise est formidable. Puisque nous mangeons au comptoir, Mademoiselle C. mange avec nous, sa chaise bien accrochée au rebord. C’est très solide et ça s’apporte facilement au resto. Au début, quand elle était trop petite pour la chaise, je la nourrissais dans son Bumbo, mais elle est vite passée dans la Lobster. Ma fille a maintenant 10 mois et nous n’avions que cela à la maison, jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi jusqu’à aujourd’hui ? Je ne voulais rien savoir d’une chaise haute dans mon espace, mais je dois me rendre à l’évidence : Mademoiselle C. mangeant maintenant les morceaux que l’on pose devant elle avec ses mains, l’absence de tablette pour retenir toute cette bouffe commence à se faire sentir (lire : beaucoup de bouffe par terre et très peu dans sa bouche). Il y a bien un petit plateau qui vient avec la Lobster, mais elle l’enlève facilement. Voici donc la chaise que j’ai choisie :

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Ce n’est pas la plus design sur le marché, c’est sûr. Mais encore une fois, dans un souci d’économie d’espace, j’ai opté pour une chaise convertible qui devient ensuite une chaise et une table pour l’enfant. Et j’ai choisi le vert, couleur unisexe. Il est tentant d’acheter à ta fille tous ces trucs girly rose ou mauve, mais quand tu envisages d’avoir d’autres enfants, vaut mieux prévoir le coup.

Voilà. Avec tout ça, ça respire encore chez nous et on trouve toujours notre maison belle. On se dit même qu’on serait bien capable d’en avoir un deuxième sans déménager… Tsé, ils font pas ça pour rien, ces beaux lits-là…

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Allez. Small is beautiful, comme y disent.